Publié le 28 August 2026

Le modèle type applicable en France est un contrat réglementaire défini par décret, et le choix se joue d’abord entre une version « vide » et une version « meublée » selon la destination réelle du logement. Le bon fichier ne suffit pas : il faut vérifier que les mentions obligatoires (identité des parties, surface, loyer, dépôt de garantie) y figurent, et que le dossier de diagnostic technique, la notice d’information et l’état des lieux sont bien annexés.
En bref:
- Il est essentiel que le bail respecte la structure imposée par le décret de 2015, comprenant l’identité des parties, la surface, le loyer, et la destination des locaux.
- La surface habitable doit être précise, car un écart supérieur à 5 % peut entraîner une réduction proportionnelle du loyer rétroactive.
- Les annexes obligatoires incluent le diagnostic immobilier, la notice d’information, et l’état des lieux d’entrée, indispensables pour éviter les litiges.
- La distinction entre location vide, meublée, et bail mobilité détermine la durée, le dépôt de garantie, et le régime fiscal, avec des règles strictes pour le mobilier en meublé.
- La vérification de la date du modèle utilisé et la conformité à la structure du décret sont cruciales pour éviter une requalification ou un problème juridique ultérieur.
Le mot « bail » recouvre en réalité cinq contrats très différents, et se tromper de modèle expose à des requalifications ou à des durées imposées que le bailleur n’avait pas anticipées.
La location vide reste la formule la plus répandue pour un logement loué sans mobilier. Elle impose une durée minimale de trois ans (renouvelable tacitement) et un dépôt de garantie plafonné à un mois de loyer hors charges, selon les règles rappelées par Service-public sur les locations meublées ou vides.
La location meublée répond à une logique différente : le logement doit comporter une liste de mobilier minimum fixée par décret (literie, plaques de cuisson, réfrigérateur, vaisselle en nombre suffisant, etc.), et le bail dure un an renouvelable, ou neuf mois non renouvelables pour un étudiant. Le dépôt de garantie grimpe alors à deux mois de loyer.
Le bail étudiant de neuf mois n’est qu’une variante du meublé, pensée pour épouser le rythme d’une année universitaire sans tacite reconduction. Le locataire part en juin sans préavis à donner, ce qui simplifie la relecture du calendrier locatif pour le bailleur.
Le bail mobilité, introduit par la loi ELAN, cible les publics en formation, mission ou mutation professionnelle. Il dure d’un à dix mois, ne se renouvelle jamais et n’exige aucun dépôt de garantie, ce qui en fait un modèle à part dans la famille des baux meublés.
La colocation, enfin, n’est pas un type de bail à proprement parler mais une modalité d’occupation : elle s’appuie sur un bail vide ou meublé classique, avec une clause de solidarité entre colocataires ou, à l’inverse, des baux individuels distincts pour chaque chambre.
Concrètement, avant de télécharger quoi que ce soit, posez-vous trois questions :
Les modèles se déclinent en général sous trois formats : un fichier Word modifiable, un PDF prêt à imprimer, et de plus en plus souvent une version numérique intégrée à un outil de gestion locative, qui évite de ressaisir les données à chaque renouvellement.
Un contrat qui ressemble à un bail n’en est pas un aux yeux de la loi s’il manque une des mentions imposées par le décret n°2015-587, pris en application de la loi du 6 juillet 1989. Ce texte détaille précisément la structure attendue, reprise dans l’annexe officielle publiée par la DRIHL.
Voici les six blocs qu’aucun modèle sérieux ne peut omettre :
Conseil de pro : Ne recopiez jamais un ancien contrat trouvé en ligne sans vérifier sa date. Un modèle antérieur à 2015 ne respecte presque jamais la structure imposée par le décret, même s’il paraît complet à première lecture.
La surface habitable mérite une attention particulière, souvent sous-estimée. Si le mètre carré annoncé s’écarte de plus de 5 % de la réalité, le locataire peut réclamer une diminution proportionnelle du loyer, comme le précise Service-public dans sa fiche sur la rédaction du bail.
Un écart de surface supérieur à 5 % ouvre droit à une réduction de loyer proportionnelle, calculée rétroactivement depuis la signature du bail.
L’exemplaire du contrat doit aussi être remis « en autant d’exemplaires que de parties », rappel qui semble anodin mais qui devient déterminant en cas de contestation : sans exemplaire signé en main propre, prouver l’existence du contrat au tribunal devient beaucoup plus compliqué pour le bailleur comme pour le locataire.
Un bail sans annexes n’est pas nul en soi, mais il expose le bailleur à des recours et retarde souvent la prise d’effet de certaines clauses. Trois documents sont systématiquement attendus.
Ces diagnostics doivent être réalisés par des professionnels certifiés et remis au locataire avant la signature, comme le précise la fiche Service-public sur les diagnostics immobiliers obligatoires.
La notice d’information sur les droits et obligations des locataires et des bailleurs est elle aussi une annexe obligatoire depuis la loi du 6 juillet 1989. Beaucoup de bailleurs particuliers l’oublient, pensant qu’elle fait doublon avec le contrat lui-même. Ce n’est pas le cas : elle résume dans un document séparé les règles de préavis, de révision de loyer et de résiliation, ce qui la rend juridiquement distincte du corps du bail.
L’état des lieux d’entrée, enfin, complète l’ensemble une fois les clés remises. Il n’est techniquement pas annexé au moment de la signature du bail (il se fait souvent quelques jours après), mais il devient une pièce contractuelle à part entière une fois réalisé, et sa comparaison avec l’état des lieux de sortie conditionne la restitution du dépôt de garantie.
D’autres pièces gravitent autour du dossier selon la situation :
Documenter précisément les caractéristiques du bien avant la mise en location, y compris ses équipements et ses éventuelles réserves techniques, réduit sensiblement les litiges ultérieurs liés à des désaccords sur l’état initial du logement.
Le choix du format dépend moins de vos préférences que de l’étape où vous vous trouvez dans le processus locatif.
Un fichier Word reste le meilleur point de départ pour rédiger un contrat sur mesure : vous pouvez ajuster les clauses de révision de loyer, ajouter des précisions sur la répartition des charges, ou adapter la durée pour un bail mobilité, sans repartir de zéro à chaque location. C’est le format à privilégier tant que le contrat n’est pas figé.
Le PDF prend le relais une fois le texte finalisé. Il garantit que la mise en page ne bougera pas d’un ordinateur à l’autre, ce qui compte pour l’impression et la signature manuscrite. C’est aussi le format le plus adapté à l’envoi par e-mail ou au dépôt sur une plateforme de signature électronique.
Le bail numérique, intégré à un logiciel de gestion locative, ajoute une couche que ni Word ni PDF ne couvrent seuls : l’horodatage de la signature, l’archivage automatique et la traçabilité en cas de litige. Pour un propriétaire qui gère plusieurs biens, ce format évite de rechercher un contrat papier égaré trois ans après la signature.
Trois vérifications s’imposent quel que soit le format retenu :
Un modèle de bail vide gratuit conforme et régulièrement actualisé évite justement ce piège de la version obsolète qui traîne dans les favoris depuis des années.
Le choix entre vide et meublé ne se résume pas à la présence d’un canapé. Il détermine la durée légale du bail, le préavis du locataire, le plafond du dépôt de garantie et même le régime fiscal du bailleur.
| Critère | Location vide | Location meublée |
|---|---|---|
| Durée minimale | 3 ans (renouvelable tacitement) | 1 an, 9 mois pour un étudiant non renouvelable |
| Préavis du locataire | 3 mois, réduit à 1 mois en zone tendue | 1 mois, quelle que soit la zone |
| Dépôt de garantie | 1 mois de loyer hors charges | 2 mois de loyer hors charges |
| Mobilier minimum | Aucune obligation | Liste fixée par décret (literie, plaques de cuisson, vaisselle, etc.) |
| Régime fiscal type | Revenus fonciers | Bénéfices industriels et commerciaux (LMNP) |
Ces règles proviennent directement du cadre posé par Service-public sur les locations meublées ou vides. La liste de mobilier imposée pour le meublé n’est pas anecdotique : un logement qui en manque une partie substantielle peut être requalifié en location vide par un juge, avec effet rétroactif sur la durée et le dépôt de garantie déjà encaissé.
Le zonage tendu mérite lui aussi d’être vérifié avant de rédiger la clause de préavis. Dans ces zones, définies par décret et actualisées régulièrement, le locataire d’un logement vide bénéficie d’un préavis réduit à un mois, identique à celui du meublé, ce qui change la façon d’anticiper une remise en location.
Ce que révèle surtout ce tableau, c’est que la distinction meublé/vide relève d’abord d’un régime juridique et fiscal, la liste de mobilier n’étant que l’un des critères qui déclenchent ce régime plutôt qu’une simple question d’ameublement.
Avant d’envoyer le contrat pour signature, une relecture méthodique évite la grande majorité des litiges rencontrés en commission de conciliation.
Conseil de pro : Photographiez chaque diagnostic et chaque page signée du bail avant de les archiver. En cas de perte du dossier papier, ces photos datées suffisent souvent à reconstituer une preuve recevable devant une commission de conciliation.
L’envoi du bail se fait aujourd’hui le plus souvent par e-mail avec accusé de réception, ou via une plateforme de signature électronique qui horodate chaque étape. Conservez systématiquement une trace de cet envoi : elle devient la preuve que le locataire a bien reçu le contrat et ses annexes à la date indiquée.
Un modèle type n’est pas une camisole. Le bailleur peut ajuster de nombreuses clauses tant qu’elles ne contredisent pas les dispositions protectrices de la loi de 1989.
Ce qui se personnalise sans risque :
Ce qui ne se personnalise jamais, même avec l’accord apparent du locataire : une clause qui l’oblige à souscrire une assurance auprès d’un assureur imposé par le bailleur, une clause qui l’autorise à visiter le logement sans préavis, ou une clause de renonciation à son droit de recours en cas de litige. Ces clauses sont réputées nulles même signées, ce qui signifie qu’un juge les écartera purement et simplement si le litige va jusqu’au tribunal, sans que la nullité affecte le reste du contrat.
La clause travaux illustre bien la zone grise à bien formuler. Si des travaux dépassent 21 jours, la question d’une baisse de loyer proportionnelle doit être anticipée dans le contrat plutôt que négociée dans l’urgence une fois le chantier commencé. Une formulation claire, qui prévoit dès la signature les modalités de compensation en cas de travaux prolongés, limite considérablement le risque de contentieux comparé à une clause silencieuse sur ce point.
Un modèle conforme au décret n’est que le point de départ. Le vrai défi commence après la signature : suivre les échéances, régénérer les documents à jour, et retrouver la bonne annexe trois ans plus tard sans fouiller une boîte à archives.
Un outil de gestion locative comme Tomappart centralise les modèles de bail et leurs mises à jour, ce qui évite de ressortir une version périmée pour une nouvelle location. Concrètement, cela change trois choses au quotidien d’un bailleur :
Ce type d’automatisation ne dispense jamais de vérifier soi-même la conformité juridique d’un modèle avant signature. Elle réduit en revanche fortement le risque d’oublis administratifs qui, cumulés sur plusieurs biens, finissent souvent par coûter plus cher qu’une relecture attentive au départ.
Un bail vide se renouvelle automatiquement à son terme, sauf congé donné par l’une des parties dans les formes et délais prévus par la loi de 1989. Le bailleur qui souhaite reprendre son logement doit justifier d’un motif légitime (vente, reprise pour y habiter, motif sérieux et légitime) et respecter un préavis de six mois avant l’échéance.
Le locataire, lui, peut donner congé à tout moment pendant la durée du bail, sans justification, en respectant un préavis de trois mois (un mois en zone tendue ou en cas de mutation professionnelle). Pour un bail meublé, ce préavis tombe à un mois dans tous les cas, ce qui explique pourquoi de nombreux locataires temporaires privilégient ce régime.
La résiliation anticipée par le bailleur reste beaucoup plus encadrée. Hors motif légitime au terme du bail, seule une clause résolutoire activée après impayés répétés, ou un manquement grave aux obligations contractuelles, permet d’engager une procédure. Cette procédure passe presque toujours par une mise en demeure puis, si nécessaire, par le tribunal judiciaire, jamais par une reprise unilatérale des clés.
Le bailleur doit délivrer un logement décent, répondant aux critères de surface, de sécurité et de performance énergétique minimale, et en assurer les grosses réparations pendant toute la durée du bail. Il doit aussi garantir une jouissance paisible du logement, ce qui exclut par exemple les visites impromptues sans accord préalable du locataire.
Le locataire, de son côté, doit payer le loyer et les charges aux échéances convenues, user paisiblement des locaux, et souscrire une assurance habitation couvrant les risques locatifs. Il doit également informer le bailleur de tout sinistre ou dégradation significative, et laisser réaliser les réparations urgentes même en son absence si nécessaire.
Ces obligations réciproques figurent normalement dans la notice d’information jointe au bail, ce qui en fait un document de référence plus lisible que le contrat lui-même en cas de désaccord sur qui doit faire quoi.
Un locataire qui ne paie pas son loyer s’expose, via la clause résolutoire, à une procédure d’expiration du bail après mise en demeure restée sans effet, puis à une décision judiciaire pouvant aboutir à une expulsion encadrée par un calendrier légal strict, notamment la trêve hivernale.
Un bailleur qui ne respecte pas ses obligations (logement non décent, diagnostics absents, dépôt de garantie non restitué dans les délais légaux) s’expose lui aussi à des sanctions : le locataire peut saisir la commission de conciliation, puis le tribunal, pour obtenir réparation, voire une réduction de loyer rétroactive en cas de surface erronée ou de logement non conforme aux normes de décence.
Dans les deux cas, la sanction découle presque toujours d’un manquement documenté : un modèle de bail complet, avec ses annexes et ses preuves d’envoi, constitue la meilleure protection en cas de contestation.
La loi Alur de 2014 a profondément uniformisé la pratique locative en imposant le modèle type de contrat, aujourd’hui décliné dans le décret n°2015-587. Avant cette réforme, chaque bailleur ou agence rédigeait son propre contrat, avec des écarts parfois considérables sur les mentions présentes.
La loi a aussi introduit la liste de mobilier minimum pour les locations meublées, mis fin à certaines clauses abusives auparavant tolérées, et posé les bases de l’encadrement des loyers dans les zones tendues. Plusieurs réformes plus récentes ont complété ce socle, notamment sur le diagnostic de performance énergétique, désormais déterminant pour la mise en location de certains logements classés F ou G.
Pour un bailleur qui rédige un bail aujourd’hui, l’essentiel de cet héritage se résume à une règle simple : le modèle utilisé doit systématiquement dater d’après 2015, sous peine de reproduire des clauses devenues obsolètes ou illégales.
Les baux de logements sociaux et HLM suivent un cadre encore plus encadré que le parc privé, avec un modèle spécifique adapté aux particularités de ce secteur : plafonds de ressources des locataires, modalités de calcul du surloyer en cas de dépassement, et clauses propres au maintien dans les lieux.
Ce modèle type de bail social intègre généralement des mentions absentes du contrat classique, comme les conditions de révision liées à l’indice de référence des loyers HLM ou les modalités spécifiques de sous-location encadrée. Ces baux sont fournis directement par les organismes bailleurs sociaux (offices publics de l’habitat, entreprises sociales pour l’habitat), qui ne laissent en général aucune marge de personnalisation au futur locataire.
Pour un propriétaire privé qui loue un bien conventionné (via un dispositif d’intermédiation locative ou une convention avec l’État), le modèle applicable reste le contrat type classique, avec des clauses complémentaires imposées par la convention signée avec l’organisme gestionnaire. Il ne s’agit donc pas d’un modèle totalement distinct, mais d’une couche contractuelle supplémentaire à ajouter au bail habituel.
Le vrai risque n’est pas de rater une clause exotique, mais d’utiliser un modèle qui semble complet et qui l’était effectivement, il y a huit ans. La rédaction du bail est en réalité un exercice court : moins de dix mentions obligatoires, trois annexes fixes. Ce qui prend du temps, c’est la vérification, pas la rédaction elle-même.
La distinction vide/meublé mérite plus de rigueur qu’on ne lui en accorde généralement. Beaucoup de bailleurs choisissent le régime meublé pour sa souplesse fiscale sans vérifier la liste de mobilier imposée par décret, ce qui les expose à une requalification qu’ils n’ont pas vue venir. Sur ce point précis, la loi laisse peu de place à l’interprétation : soit le mobilier y est, soit il n’y est pas.
Si vous ne deveniez expert que sur un seul point du contrat, faites-en la surface habitable. C’est la mention la plus souvent bâclée et celle qui coûte le plus cher en cas d’erreur.
— Aimen
Un modèle de bail bien rédigé résout le problème du jour zéro. Ce qui manque à la plupart des bailleurs, c’est un système pour suivre ce contrat pendant les trois, six ou dix années qui suivent : quittances mensuelles, révisions de loyer, échéances de renouvellement, archivage des diagnostics.

Tomappart centralise ces tâches pour les propriétaires qui gèrent plusieurs biens, seuls ou via une SCI ou un statut LMNP. La plateforme génère automatiquement les quittances à chaque paiement, déclenche les prélèvements SEPA sans relance manuelle, et conserve chaque bail avec ses annexes dans un espace de stockage illimité, accessible en quelques secondes en cas de contrôle ou de revente. Le module de comptabilité automatique catégorise vos transactions bancaires liées aux loyers et charges, ce qui évite de ressaisir manuellement chaque flux dans un tableur.
L’outil facilite la gestion administrative, mais il ne remplace pas votre vérification juridique du contrat lui même : la conformité au décret et aux mentions obligatoires reste de votre responsabilité au moment de la rédaction. Un essai gratuit permet de tester le tableau de bord sur vos propres biens avant de souscrire un abonnement mensuel ou annuel, sans engagement caché sur le nombre de logements gérés.