Publié le 10 September 2026

Envoyez d’abord une relance amiable écrite et datée rapidement après l’échéance impayée. Si le locataire ne réagit pas, passez à la mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR), puis, en dernier recours, au commandement de payer délivré par un commissaire de justice. Conservez chaque preuve dès le premier jour de retard : c’est souvent elle, plus que la lettre elle-même, qui décide de l’issue du dossier.
En bref:
- La première relance amiable doit être envoyée rapidement entre le huitième et le quinzième jour après l’échéance, sans ton menaçant.
- La mise en demeure par LRAR doit contenir un décompte précis des sommes dues, les références du bail, et un délai clair de régularisation d’environ huit jours.
- En cas d’échec, seul un commandement de payer délivré par un commissaire de justice ouvre la voie à une action judiciaire après un délai maximal de six semaines.
- Il est crucial de conserver toutes les preuves écrites, échanges, relevés bancaires et de préciser chaque étape pour constituer un dossier solide.
- Automatiser le suivi avec une plateforme numérique peut faciliter les relances, centraliser la gestion et accélérer la procédure en cas de litige.
Chaque étape du recouvrement appelle un ton et un contenu différents. Voici les cinq courriers qui couvrent la quasi totalité des situations rencontrées par un bailleur.
La relance amiable courte, à envoyer entre le 8ᵉ et le 15ᵉ jour après l’échéance. Elle rappelle simplement le montant dû, la date d’échéance et demande une régularisation rapide, sans ton comminatoire. Un simple e-mail ou une lettre simple suffit à ce stade.
La relance détaillée avec décompte, réservée aux retards qui se répètent. Elle liste chaque mois impayé, le montant des charges et du loyer séparément, et rappelle les dates des échanges précédents. Ce modèle sert aussi de preuve écrite si le dossier finit devant un juge.
La relance après promesse non tenue, quand le locataire a promis un règlement resté sans suite. Le ton se durcit légèrement : on rappelle l’engagement pris, sa date, et on fixe un nouveau délai précis, généralement cinq à sept jours.
La mise en demeure par LRAR, qui marque le passage du dialogue à l’action juridique. Elle doit mentionner le montant exact dû, la référence du bail, un délai clair de régularisation (souvent huit jours) et l’annonce explicite des poursuites envisagées en l’absence de paiement. Selon les guides juridiques spécialisés, cette lettre doit être factuelle et comporter un décompte précis des sommes dues, sans quoi elle perd de sa force probante.
Le courrier préparatoire avant commandement de payer, une dernière relance qui informe le locataire que le dossier va être transmis à un commissaire de justice. Elle n’a pas de valeur juridique en soi, mais elle donne une ultime chance de régler à l’amiable avant l’engagement de frais.
Ces modèles fonctionnent comme un escalier : on ne saute jamais une marche sans raison, sauf en cas de départ précipité du locataire ou de fraude manifeste.
Une lettre de relance sans les bonnes mentions perd toute sa valeur, y compris en justice. Voici ce qu’elle doit contenir, sans exception :
Conseil de pro : si vous relancez par e-mail, gardez une trace propre de l’envoi et de la réception. Le mail a la même valeur probante qu’un courrier papier dès lors que l’auteur est identifiable et que son intégrité est garantie, conformément à l’article 1366 du Code civil. Un simple accusé de lecture ou une réponse du locataire suffit souvent à sécuriser cette preuve.
Le rythme compte autant que le contenu. Voici la séquence qui limite le plus les impayés persistants :
Cette combinaison entre l’oral et l’écrit n’est pas anodine : l’appel permet de cerner l’origine du retard, tandis que l’e-mail qui suit crée la trace exploitable en cas de contentieux. Gardez systématiquement les accusés de réception, les captures d’écran d’échanges et les relevés bancaires. Vérifiez aussi vos délais contractuels : la garantie loyers impayés (GLI) et la caution imposent souvent un délai de déclaration très court, parfois quinze jours après le premier impayé.
Conseil de pro : notez la date et l’heure de chaque contact dans un tableau simple, même les appels sans réponse. Ce journal devient une pièce à part entière si le dossier va au tribunal.
Quand la relance amiable échoue, la mise en demeure en LRAR reste l’étape suivante obligatoire dans la pratique. Elle doit rester factuelle, chiffrée, et annoncer clairement les suites possibles en cas de non-paiement.
Si elle reste sans effet, seul un commissaire de justice peut délivrer un commandement de payer. Ce document répond à des règles strictes :
À partir de la signification du commandement, le locataire dispose de six semaines pour régulariser sa dette avant que la clause résolutoire du bail puisse être acquise. Passé ce délai, le juge peut encore accorder un échéancier de paiement ou suspendre les effets de la clause, selon la situation du locataire. Ce n’est donc pas une sanction automatique, mais une porte qui se ferme progressivement.
Un dossier de recouvrement se construit dès le premier jour de retard, pas au moment où vous décidez d’agir. Réunissez systématiquement :
Un historique chronologique et horodaté pèse lourd devant un juge : les tribunaux évaluent la cohérence des démarches amiables entreprises par le bailleur avant d’envisager une expulsion. Archivez au moins six mois d’historique de paiement pour distinguer un accident ponctuel d’un défaut récurrent.
Conseil de pro : classez vos preuves par ordre chronologique dans un seul dossier numérique, avec un nom de fichier qui inclut la date. Le jour où vous devez le présenter, vous gagnez un temps précieux.

Chaque modèle doit être personnalisé avant l’envoi. Remplacez systématiquement le nom et l’adresse du locataire, le montant exact dû, votre IBAN si vous demandez un virement, et la référence du bail concerné.
Le format change selon l’étape : un e-mail avec accusé de lecture suffit pour une première relance, la LRAR devient nécessaire pour la mise en demeure, et seul un commissaire de justice peut remettre le commandement de payer en mains propres ou par voie d’huissier.

La vitesse et la traçabilité comptent plus que la fermeté du ton. Un bailleur qui contacte son locataire en 48 heures et garde chaque échange daté s’en sort presque toujours mieux qu’un bailleur qui attend et menace tardivement.
Un point mérite d’être répété : la mise en demeure ne suspend pas automatiquement la prescription. Seuls certains actes précis, comme une reconnaissance de dette ou une demande en justice, interrompent le délai de prescription. Agissez sans attendre, gardez tout, et utilisez les modèles comme un point de départ, pas comme une formule figée.
— Aimen
Certaines plateformes numériques alternatives permettent aux bailleurs qui gèrent plusieurs biens ou plusieurs locataires de laisser un outil surveiller les paiements et déclencher les relances à leur place, évitant ainsi de courir après chaque échéance dans un tableau Excel.

Une telle plateforme peut centraliser le suivi des loyers, envoyer automatiquement les relances aux échéances manquées et archiver chaque échange dans un dossier consultable à tout moment, ce qui simplifie la constitution des preuves évoquées plus haut. Le prélèvement automatique des loyers par SEPA réduit aussi le nombre d’impayés dès leur origine, en évitant les oublis de virement. Couplée à une comptabilité automatique et en temps réel, la solution vous donne un décompte précis et daté, prêt à joindre à une mise en demeure si besoin. Il est possible de tester ce type de plateforme pour voir comment elle suit vos échéances à votre place.
Pour approfondir les démarches légales, consultez la fiche officielle de service-public.fr sur les loyers impayés et le guide complet de Tomappart sur la relance des loyers impayés.
Cet article constitue une information générale et ne remplace pas l’avis d’un avocat qualifié. Consultez un professionnel du droit qualifié à propos de votre cas personnel avant d’agir sur la base de ce contenu.