Publié le 30 May 2026

TL;DR:
- Les charges locatives récupérables sont limitées par la loi, notamment par le décret de 1987, et doivent faire l’objet d’une régularisation annuelle.
- Les propriétaires doivent distinguer les charges autorisées, comme l’eau ou l’entretien des parties communes, des postes exclus, tels que les frais de gestion ou travaux lourds, sous peine de contestation.
Les frais locatifs, appelés plus précisément charges locatives récupérables dans le langage juridique, sont une source de tension constante entre propriétaires et locataires. Beaucoup ignorent que la liste de ce que le bailleur peut refacturer est strictement limitée par la loi. Un propriétaire qui inclut ses frais de gestion dans les charges, ou un locataire qui paie sans jamais vérifier le décompte annuel : ces situations coûtent de l’argent aux deux parties. La compréhension des frais locatifs n’est pas une formalité, c’est une condition de base pour gérer sainement un bien immobilier.
| Point | Détails |
|---|---|
| Cadre légal strict | Seules les charges listées par le décret de 1987 sont récupérables sur le locataire. |
| Régularisation annuelle obligatoire | Le bailleur doit ajuster les provisions chaque année avec un décompte détaillé et des justificatifs. |
| Droit de consultation | Le locataire dispose de 6 mois après le décompte pour consulter toutes les pièces justificatives. |
| Prescription de 3 ans | Bailleur et locataire ont chacun 3 ans pour réclamer ou contester des charges impayées ou injustifiées. |
| Gestion numérique recommandée | Un suivi précis et documenté des charges réduit les litiges et simplifie la gestion au quotidien. |
La compréhension des frais locatifs commence par un texte précis : le décret limitatif n° 87-713 du 26 août 1987. Ce décret établit une liste fermée des charges qu’un propriétaire peut refacturer à son locataire. Hors de cette liste, rien ne peut être récupéré, même si le propriétaire l’a effectivement payé.
Les grands postes récupérables comprennent :
Ce dernier point mérite d’être souligné. Seule la TEOM est imputable au locataire dans la taxe foncière. La taxe foncière elle-même reste entièrement à la charge du bailleur. C’est l’une des erreurs les plus fréquentes.
En revanche, certaines charges restent systématiquement exclues. Les frais de gestion, honoraires de syndic et coûts de travaux lourds ne peuvent jamais être répercutés sur le locataire. Refacturer ces postes expose le propriétaire à une contestation fondée et potentiellement à un remboursement forcé.
Conseil de pro: Comparez chaque année le décompte de votre syndic avec la liste du décret de 1987. Beaucoup de syndics incluent des postes non récupérables dans leur propre décompte. C’est au propriétaire de faire le tri avant d’envoyer le décompte au locataire.
La distinction entre charges récupérables et non récupérables est fondamentale pour éviter tout litige. Un propriétaire qui facture des postes non autorisés prend un risque juridique réel, pas seulement financier.
La plupart des locations nues fonctionnent avec un système de provisions mensuelles sur charges. Concrètement, le locataire verse chaque mois une somme estimée destinée à couvrir les charges à venir. Cette estimation doit être cohérente avec les dépenses réelles de l’année précédente.
Voici comment fonctionne le cycle complet :
Cette régularisation annuelle est obligatoire en location nue. Elle ne peut pas être esquivée, même si le propriétaire préfère éviter l’exercice. Pour aller plus loin sur les mécanismes concrets de cet ajustement, ce guide sur la régularisation des charges couvre le sujet en détail.
La situation est différente en location meublée avec forfait. Dans ce cas, il n’y a généralement pas de régularisation annuelle : le montant forfaitaire est fixe, sans ajustement, ce qui expose le bailleur si les charges réelles s’avèrent supérieures au forfait prévu.

Conseil de pro: Si vous êtes bailleur, revoyez vos provisions à la hausse dès que vos charges augmentent significativement. Attendre la régularisation pour demander un rattrapage important crée des tensions inutiles. Une provision ajustée régulièrement évite les mauvaises surprises des deux côtés.
Le type de facturation, forfait ou provisions, modifie profondément la gestion et les possibilités de contestation. C’est un choix qui mérite réflexion avant la signature du bail.
Recevoir un décompte de charges ne signifie pas l’accepter sans vérification. Voici les étapes à suivre pour contrôler la légitimité des frais facturés :
En cas de désaccord, la première étape est toujours la voie amiable. Envoyez un courrier recommandé au propriétaire en précisant les postes contestés et en demandant les justificatifs correspondants. La grande majorité des litiges se résout à ce stade, sans recours judiciaire.
Si le propriétaire ne répond pas ou refuse de fournir les pièces, la commission départementale de conciliation est une étape gratuite et efficace avant toute action judiciaire.
Pour un calcul des frais de location rigoureux, comparez chaque montant facturé avec son justificatif documenté. Un contrôle poste par poste reste la stratégie la plus solide pour identifier et corriger une erreur ou un abus.
Point important sur les délais : la prescription triennale s’applique aux charges locatives. Bailleur et locataire ont chacun 3 ans pour réclamer ou contester des montants. Passé ce délai, toute action est irrecevable.
Conseil de pro: Gardez tous vos échanges par écrit, même pour des demandes simples. Un email ou un courrier recommandé vaut bien mieux qu’une conversation téléphonique si le dossier finit devant un conciliateur.
Les règles changent selon la configuration du bien et le type de bail. Ce tableau récapitule les différences clés :
| Type de location | Mode de facturation | Régularisation annuelle | Postes récupérables |
|---|---|---|---|
| Location nue en copropriété | Provisions sur charges | Obligatoire | Décret 87-713 + clés de répartition de la copropriété |
| Location nue, maison individuelle | Provisions sur charges | Obligatoire | Décret 87-713 uniquement (eau, ordures, entretien) |
| Location meublée avec forfait | Forfait fixe mensuel | Absente | Identiques au décret, mais montant figé |
| Location meublée avec provisions | Provisions sur charges | Obligatoire | Décret 87-713, comme en nu |
En copropriété, les charges sont réparties selon les tantièmes ou la surface des lots. Le bailleur ne peut pas appliquer une clé de répartition arbitraire : il doit respecter celle définie par le règlement de copropriété. Les frais administratifs de gestion liés à l’accès aux justificatifs varient aussi selon les structures.

Pour une maison individuelle, les postes récupérables sont souvent plus simples : eau, enlèvement des ordures, entretien du jardin si prévu au bail. Mais l’absence de syndic signifie aussi que le propriétaire doit produire lui-même tous les justificatifs, ce que beaucoup négligent.
En location meublée avec forfait, le propriétaire porte le risque financier si les charges augmentent. Cette formule convient aux courtes durées ou aux locations où les charges sont stables et prévisibles. Pour des baux longs, les provisions avec régularisation restent plus protectrices pour le bailleur.
La compréhension des charges locatives passe aussi par une organisation rigoureuse au quotidien. Voici les pratiques qui font réellement la différence :
Conseil de pro: Constituez un dossier par exercice comptable pour chaque logement : toutes les factures d’un côté, le décompte envoyé au locataire de l’autre. En cas de litige, vous aurez tout sous la main en quelques secondes.
La gestion numérique et transparente des frais locatifs limite les conflits et améliore la relation bailleur-locataire sur le long terme.
Dans ma pratique, j’observe une constante : la majorité des conflits sur les charges locatives ne vient pas de mauvaise foi, mais d’une méconnaissance sincère des règles. Un propriétaire qui refacture ses frais de gestion pense souvent être dans son droit. Un locataire qui paie sans regarder le décompte pense souvent que c’est normal.
Ce que j’ai appris, c’est que la transparence en amont coûte beaucoup moins cher que la contestation en aval. Un bailleur qui envoie spontanément son décompte avec les justificatifs annexés ne reçoit presque jamais de lettres recommandées en retour. Et un locataire qui prend le temps de lire le décompte trouve souvent les réponses à ses questions sans avoir à demander.
La partie la plus sous-estimée, selon moi, c’est la régularisation. Beaucoup de propriétaires la font à la va-vite, sans vérifier si leurs provisions sont cohérentes avec les charges réelles. Résultat : des rappels importants qui tombent comme une surprise, alors qu’une révision annuelle de la provision mensuelle aurait tout évité.
Je pense aussi que les évolutions à venir iront vers plus d’automatisation et de traçabilité. Les outils numériques permettent déjà de catégoriser les dépenses, de générer des décomptes automatiques et de partager les justificatifs en quelques clics. Les propriétaires qui adoptent ces pratiques maintenant prennent une longueur d’avance sur la gestion locative de demain.
— Aimen
Évaluer les coûts locatifs et produire des décomptes clairs prend du temps, surtout quand les justificatifs sont dispersés entre votre messagerie, votre syndic et vos dossiers papier.

Tomappart centralise tout : suivi des provisions, génération automatique des décomptes, stockage des justificatifs et communication avec vos locataires depuis un seul tableau de bord. La gestion locative Tomappart couvre aussi bien le suivi des loyers que la régularisation des charges, avec une comptabilité automatisée adaptée aux statuts SCI et LMNP. Vous n’avez plus à calculer manuellement ni à chercher une facture de chauffage datant de 18 mois. Tout est là, disponible en quelques secondes, pour vous et pour votre locataire.
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Les charges locatives récupérables sont les dépenses payées par le propriétaire qu’il peut refacturer au locataire, selon la liste fixée par le décret n° 87-713 du 26 août 1987. Elles couvrent notamment l’eau, l’entretien des parties communes, l’ascenseur et la TEOM.
Non. Les frais de gestion, honoraires de syndic et coûts de travaux structurels sont exclus des charges récupérables. Tout bailleur qui les refacture s’expose à une contestation légitime de la part du locataire.
Le locataire dispose d’un délai de prescription de 3 ans pour contester des charges locatives. Il peut également consulter les justificatifs pendant 6 mois après réception du décompte annuel.
Les provisions font l’objet d’une régularisation annuelle obligatoire basée sur les dépenses réelles. Le forfait est un montant fixe sans ajustement, utilisé surtout en location meublée, et le propriétaire supporte le risque si les charges réelles dépassent ce montant.
Commencez par demander le décompte détaillé et les justificatifs par courrier recommandé. Identifiez les postes non conformes au décret de 1987, puis proposez un accord amiable. En l’absence de réponse, saisissez la commission départementale de conciliation avant toute action judiciaire.