Publié le 21 July 2026

En 2026, l’imposition d’un investissement locatif dépend avant tout de deux choix : le dispositif fiscal retenu et le régime d’imposition des revenus. Côté dispositifs, quatre mécanismes structurent le marché : le Pinel (fermé aux nouvelles souscriptions depuis janvier 2025), le Denormandie, le Censi-Bouvard et, grande nouveauté de la loi de finances pour 2026, le dispositif Jeanbrun. Côté régimes, la location nue relève des revenus fonciers (micro-foncier ou réel), tandis que la location meublée relève des bénéfices industriels et commerciaux (micro-BIC ou réel LMNP). Chaque combinaison produit une fiscalité radicalement différente.
Les principaux repères à retenir :
La durée d’engagement varie selon le dispositif : neuf ans pour le Jeanbrun, six à douze ans pour le Pinel historique, six ans pour le Denormandie. Ces engagements conditionnent directement le maintien de l’avantage fiscal.
Chiffre clé : sur neuf ans avec le dispositif Jeanbrun, un couple imposé à 30 % ayant acheté un appartement à 250 000 € peut ramener son impôt sur les loyers à zéro et, en cas de travaux de rénovation énergétique, imputer jusqu’à 21 400 € de déficit sur son revenu global.
Entré en vigueur le 21 février 2026, le Jeanbrun est le premier mécanisme à ouvrir l’amortissement à la location nue. Concrètement, le bailleur déduit chaque année une fraction de la valeur de son bien de ses revenus fonciers, sur une base amortissable de 80 % du prix d’acquisition (hors terrain). Le taux d’amortissement varie de 3,5 % à 5,5 % selon le niveau de loyer pratiqué : plus le loyer est encadré (social, très social), plus le taux est élevé. Le plafond annuel de déduction grimpe ainsi jusqu’à 12 000 € dans le neuf. En cas de travaux de rénovation énergétique, le déficit foncier imputable sur le revenu global peut atteindre 21 400 €. En contrepartie : un engagement de location nue de neuf ans à loyer plafonné, dans un immeuble collectif, pour une acquisition réalisée entre le 21 février 2026 et le 31 décembre 2028.
Le Denormandie cible l’ancien à rénover dans des villes moyennes éligibles. Il offre une réduction d’impôt jusqu’à 21 % du prix d’acquisition sous conditions de travaux et de loyers plafonnés, avec un engagement initial de six ou neuf ans renouvelable. Le Censi-Bouvard, lui, s’applique aux résidences de services (étudiantes, seniors, EHPAD) et génère une réduction de 11 % du montant investi. Le Pinel, qui proposait jusqu’à 12 % de réduction sur six à douze ans, n’est plus ouvert aux nouvelles souscriptions depuis le 1er janvier 2025.
| Dispositif | Type de bien | Réduction / avantage | Durée d’engagement | Plafond annuel |
|---|---|---|---|---|
| Jeanbrun | Neuf ou ancien rénové, collectif | Amortissement 3,5–5,5 % | 9 ans | 12 000 € (neuf) |
| Denormandie | Ancien à rénover | Réduction jusqu’à 21 % | 6, 9 ou 12 ans | Plafond Pinel |
| Censi-Bouvard | Résidences de services | Réduction 11 % | 9 ans | — |
| Pinel | Fermé depuis jan. 2025 | N/A | N/A | N/A |

Exemple chiffré — Jeanbrun : pour un appartement acheté 250 000 €, la base amortissable est de 200 000 € (80 %). À un taux de 3,5 %, la déduction annuelle atteint 7 000 €. Sur neuf ans, cela représente 63 000 € déduits des revenus fonciers, avant même de compter les intérêts d’emprunt et les charges courantes.
Conseil de pro : le Denormandie et le Jeanbrun ne sont pas exclusifs l’un de l’autre dans une stratégie patrimoniale globale, mais ils ne s’appliquent pas au même bien simultanément. Vérifiez toujours l’éligibilité géographique du Denormandie avant d’arbitrer.

Les loyers d’un bien loué nu sont imposés dans la catégorie des revenus fonciers. Le micro-foncier s’applique automatiquement si les recettes annuelles ne dépassent pas 15 000 € : l’administration applique un abattement forfaitaire de 30 % et vous n’avez rien d’autre à justifier. Au-delà, ou sur option, le régime réel permet de déduire les charges réelles : intérêts d’emprunt, travaux d’entretien, taxe foncière, frais de gestion, primes d’assurance. Si ces charges excèdent les loyers perçus, le déficit foncier ainsi créé s’impute sur le revenu global dans la limite de 10 700 € par an, et cette limite est portée à 21 400 € en cas de travaux de rénovation énergétique dans le cadre du dispositif Jeanbrun, le solde étant reportable sur dix ans.
Depuis 2026, le dispositif Jeanbrun ajoute une troisième dimension : l’amortissement du bâti, jusqu’ici réservé au meublé. La location nue rejoint ainsi le meublé sur le terrain fiscal, du moins pour les acquisitions éligibles.
En location meublée non professionnelle, les loyers relèvent des bénéfices industriels et commerciaux. Le micro-BIC offre un abattement de 50 % sur les recettes, dans la limite de 77 700 € par an : simple, mais sans possibilité de déduire les charges réelles. Le régime réel LMNP est autrement plus puissant : il autorise la déduction de toutes les charges et, surtout, l’amortissement du bien sur 25–30 ans et du mobilier sur 5–10 ans. Résultat, un revenu imposable souvent réduit à zéro pendant dix à quinze ans.
Un point à ne pas négliger : depuis la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, les prélèvements sociaux s’élèvent à 17,2 % pour les revenus fonciers (location nue) et à 18,6 % pour les revenus BIC (location meublée). L’écart de 1,4 point joue désormais en faveur du nu, un avantage discret mais réel sur la durée.
Depuis la loi de finances 2025, les amortissements déduits en LMNP sont réintégrés dans le calcul de la plus-value immobilière lors de la revente. Si vous avez amorti 80 000 € sur dix ans, votre plus-value imposable sera majorée d’autant. La même logique s’applique au dispositif Jeanbrun pour la location nue. Les abattements pour durée de détention restent en vigueur : exonération totale de l’impôt sur le revenu après vingt-deux ans, et des prélèvements sociaux après trente ans. L’amortissement reste donc un levier puissant dans une logique de détention longue.
Pour approfondir les différences pratiques entre les deux types de location, la comparaison fiscale détaillée publiée par Tomappart couvre les cas les plus fréquents.
La SCI à l’IR permet une détention familiale organisée et une transmission facilitée, sans alourdir la fiscalité courante pour la location nue. En revanche, louer en meublé via une SCI à l’IR entraîne une requalification automatique à l’impôt sur les sociétés dès que les recettes BIC dépassent 10 % des revenus totaux. La SCI à l’IS permet l’amortissement du bien, mais les dividendes subissent une double imposition (IS puis prélèvement forfaitaire unique de 30 %), et la cession du bien relève de la plus-value professionnelle, non du régime avantageux des particuliers. La SCI n’est donc pas une réponse universelle : elle répond à des objectifs patrimoniaux précis, pas à une simple recherche de réduction d’impôt.
Les formulaires à utiliser varient selon le régime et le type de location. Voici les principales obligations déclaratives :
L’immatriculation auprès de l’INPI est obligatoire pour tout loueur en meublé, avant le début de l’activité. Sans cette formalité, l’activité LMNP n’est pas régulièrement constituée, ce qui peut fragiliser les déductions en cas de contrôle.
Pour le LMNP au régime réel, la liasse 2031-SD doit être télétransmise au plus tard le deuxième jour ouvré suivant le 1er mai. Cette échéance est ferme : un dépôt tardif expose à des pénalités et, surtout, peut remettre en cause les amortissements déduits si la comptabilité n’est pas tenue de façon rigoureuse dès la première année.
En location nue (régime réel foncier), sont déductibles : les intérêts d’emprunt, les frais de gestion (agence, administrateur de biens), les primes d’assurance, les dépenses de réparation et d’entretien, la taxe foncière (hors part récupérable sur le locataire) et les provisions pour charges de copropriété. Les travaux de construction ou de reconstruction ne sont pas déductibles : ils augmentent le prix de revient du bien.
En LMNP réel, s’ajoutent aux charges courantes l’amortissement du bien immobilier (hors terrain), du mobilier et des travaux, ainsi que les frais d’acquisition (honoraires de notaire, frais d’agence) amortissables sur la durée de détention.
Conseil de pro : la qualification des travaux est le point de friction le plus fréquent lors d’un contrôle fiscal. Un devis mal libellé peut transformer une charge déductible en immobilisation non déductible. Faites valider la nature des travaux par un expert-comptable avant de les inscrire en charges.
Gérer la comptabilité d’un investissement locatif au régime réel, qu’il s’agisse d’un LMNP ou d’une SCI, exige une rigueur que peu d’investisseurs anticipent au moment de l’achat. Tomappart est une plateforme conçue pour automatiser cette gestion, de la catégorisation des transactions bancaires à la production des états financiers, en passant par le suivi des loyers et la collecte automatique par prélèvement SEPA.
Les fonctionnalités clés pour les investisseurs en LMNP et SCI :
La comptabilité LMNP au régime réel impose une rigueur dès la première année : sans bilan ni compte de résultat correctement tenus, les amortissements peuvent être contestés lors d’un contrôle fiscal. Tomappart génère automatiquement ces documents, ce qui réduit ce risque de façon concrète.
Pour les propriétaires qui gèrent plusieurs biens ou une SCI, la comptabilité automatisée de Tomappart centralise l’ensemble des flux et produit les états nécessaires à la déclaration fiscale, sans recourir à un expert-comptable pour les opérations courantes. La rentabilité de chaque bien est visible en temps réel, y compris le prévisionnel de charges, un avantage concret pour arbitrer entre régime micro et réel en cours d’année. Pour évaluer l’impact des prélèvements sociaux sur la rentabilité nette, un calcul de rentabilité locative structuré reste indispensable avant tout arbitrage.

La taxe foncière est due par le propriétaire, quelle que soit la configuration de location. Elle est intégralement déductible des revenus fonciers au régime réel (location nue) et des charges déductibles en LMNP réel. Au micro-foncier ou au micro-BIC, elle est censée être couverte par l’abattement forfaitaire, ce qui n’est pas toujours le cas pour des biens anciens avec une taxe foncière élevée. C’est l’un des arguments les plus concrets en faveur du passage au régime réel pour les biens dont les charges réelles dépassent l’abattement.
La taxe d’habitation, supprimée pour les résidences principales depuis 2023, reste due pour les résidences secondaires et les logements meublés de tourisme. Pour un investissement locatif classique (résidence principale du locataire), elle est à la charge du locataire occupant au 1er janvier, et n’affecte donc pas directement la fiscalité du bailleur. En revanche, pour une location saisonnière ou un meublé de tourisme, la taxe d’habitation peut rester à la charge du propriétaire selon les situations locales, un point à vérifier auprès de la commune concernée.
La taxe foncière varie fortement selon la localisation du bien. Dans certaines grandes villes, elle a augmenté de façon sensible ces dernières années, réduisant la rentabilité nette des investissements. Intégrer son montant réel dans le calcul de rentabilité avant l’achat, et non une estimation forfaitaire, évite les mauvaises surprises en cours de détention.
En 2026, le dispositif Jeanbrun redessine la fiscalité de la location nue en lui ouvrant l’amortissement, réduisant l’écart historique avec le statut LMNP et rendant le choix entre les deux régimes plus stratégique que jamais.
| Point | Détails |
|---|---|
| Dispositif Jeanbrun actif depuis 2026 | Amortissement jusqu’à 12 000 € par an en location nue, pour les acquisitions entre le 21 février 2026 et le 31 décembre 2028. |
| Prélèvements sociaux différenciés | 17,2 % pour la location nue, 18,6 % pour la location meublée depuis la loi de financement 2026. |
| Amortissement LMNP et plus-value | Les amortissements déduits en LMNP réel sont réintégrés dans le calcul de la plus-value à la revente depuis 2025. |
| Régime réel souvent plus avantageux | Dès que les charges dépassent 30 % des loyers en foncier ou 50 % en meublé, le régime réel est généralement plus favorable. |
| SCI : outil patrimonial, pas fiscal | La SCI à l’IR facilite la transmission, mais la location meublée y entraîne une requalification à l’IS au-delà de 10 % de recettes BIC. |