Publié le 13 July 2026

En bref:
- Les charges récupérables sont des coûts liés à l’entretien courant du logement que le propriétaire peut refacturer au locataire. La liste de ces charges est limitée par la réglementation et inclut notamment l’entretien des parties communes, l’ascenseur, le chauffage collectif et la TEOM. La régularisation annuelle permet d’ajuster les provisions versées par le locataire aux dépenses réelles, sous réserve du respect des délais et de la transparence.
Les frais annexes au loyer correspondent aux charges que le propriétaire est légalement autorisé à refacturer au locataire en plus du loyer principal. Ces charges, appelées charges récupérables dans le vocabulaire juridique, sont encadrées par le décret n° 87-713 du 26 août 1987 et la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, complétés par la loi ALUR de 2014. Elles couvrent les dépenses liées à l’usage courant du logement et des parties communes, et non les investissements ou travaux structurels. Une régularisation annuelle obligatoire permet d’ajuster les provisions versées aux dépenses réelles.

La liste des charges récupérables est limitative. Tout ce qui n’y figure pas expressément reste à la charge exclusive du propriétaire. Cette règle, posée par le décret 87-713, est le fondement de toute la réglementation sur les frais annexes.
Les principales charges récupérables portent sur l’entretien courant et les services liés à l’usage du logement. Voici les catégories reconnues par la loi :
| Catégorie | Exemples concrets |
|---|---|
| Entretien des parties communes | Nettoyage, éclairage des couloirs et escaliers |
| Ascenseur | Contrat d’entretien, petites réparations |
| Chauffage collectif | Consommation d’énergie, entretien de la chaudière collective |
| Espaces verts | Tonte, arrosage, entretien des allées |
| Taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) | Montant figurant sur l’avis d’imposition |
| Eau froide et chaude | Consommation individuelle ou collective |
La TEOM mérite une attention particulière. Seule la TEOM, et non la totalité de la taxe foncière, est récupérable auprès du locataire. Confondre les deux est l’une des erreurs les plus fréquentes et les plus coûteuses pour un bailleur.

Les frais de gardiennage obéissent à une règle spécifique. Le gardien peut être récupéré à hauteur de 75 % si le gardien assure l’entretien des parties communes et la collecte des déchets, et à 40 % seulement s’il n’effectue qu’une partie de ces tâches. Les indemnités diverses versées au gardien ne sont jamais récupérables.
Les grosses réparations, les travaux de mise aux normes, les honoraires de syndic de gestion et la taxe foncière sont à la charge exclusive du propriétaire. La distinction clé à retenir : l’entretien courant est récupérable, le remplacement d’équipement ne l’est pas. Changer un joint de robinet relève de l’entretien ; remplacer une chaudière entière relève de l’investissement. Cette distinction entretien/remplacement est un point de friction fréquent lors des régularisations.
Conseil de pro : Conservez systématiquement les factures de vos prestataires en les classant par catégorie dès réception. Un classement rigoureux en cours d’année rend la régularisation annuelle beaucoup plus rapide et limite les contestations.
La régularisation annuelle est le mécanisme par lequel le propriétaire compare les provisions sur charges versées par le locataire tout au long de l’année aux dépenses réelles. Si les provisions sont insuffisantes, le locataire verse un complément. Si elles sont trop élevées, le propriétaire rembourse le trop-perçu. Cette régularisation est obligatoire pour tous les baux nus soumis à la loi de 1989.
Le bailleur doit fournir ce relevé un mois avant la date de régularisation prévue au bail. Cette obligation, renforcée par la loi ALUR de 2014, vise à garantir la transparence et à prévenir les litiges.
Le délai de prescription est de 3 ans pour les deux parties. Un propriétaire peut réclamer des charges impayées jusqu’à 3 ans en arrière. Un locataire peut contester un trop-perçu sur la même période. La loi ALUR a instauré ce délai pour équilibrer les droits du bailleur et du locataire.
Conseil de pro : Si le locataire refuse de consulter les justificatifs ou conteste sans motif valable, envoyez la LRAR sans attendre. Ce courrier sécurise votre position avant toute procédure et prouve votre bonne foi.
Gérer les charges locatives sans méthode expose à des litiges évitables. Les erreurs fréquentes des propriétaires incluent la refacturation de la taxe foncière intégrale ou de certains frais de syndic non récupérables. Ces erreurs génèrent des contestations qui peuvent bloquer le paiement des charges et détériorer la relation avec le locataire.
Voici les bonnes pratiques à adopter dès maintenant :
Utiliser un système numérique combiné à une communication transparente réduit fortement les litiges liés aux coûts supplémentaires du loyer. Les propriétaires qui documentent chaque dépense en temps réel passent moins de temps à justifier leurs régularisations.
Le mode de paiement des charges dépend du type de bail. Cette distinction a des conséquences directes sur vos obligations de régularisation.
| Critère | Charges au réel | Forfait charges |
|---|---|---|
| Type de bail concerné | Bail nu (résidence principale) | Bail meublé principalement |
| Régularisation annuelle | Obligatoire | Impossible |
| Justificatifs à fournir | Oui, pendant 6 mois | Non |
| Risque de complément | Oui (à la hausse ou à la baisse) | Non |
| Simplicité de gestion | Modérée | Élevée |
Pour un bail nu, les charges au réel avec régularisation annuelle sont la règle. Le propriétaire ne peut pas imposer un forfait. Pour un bail meublé, le forfait est autorisé et largement utilisé. Une charge forfaitaire fixe ne permet ni de réclamer un surplus ni de rembourser un trop-perçu de charges réelles. Le montant est définitif une fois inscrit au bail.
Le forfait simplifie la gestion mais comporte un risque : si les charges réelles dépassent le forfait, le propriétaire absorbe la différence. À l’inverse, si les charges sont inférieures, le locataire ne reçoit aucun remboursement. Pour les propriétaires de locations meublées, les avantages de la location meublée incluent cette flexibilité sur les charges, mais le montant du forfait doit être fixé avec soin dès la signature du bail.
Conseil de pro : Pour un bail meublé, calculez le forfait en vous basant sur les charges réelles des deux dernières années, puis ajoutez une marge de 10 % pour absorber les hausses de tarifs. Cela protège votre rentabilité sans surcharger le locataire.
La maîtrise des charges récupérables repose sur trois piliers : une liste légale stricte, une régularisation annuelle documentée, et une communication transparente avec le locataire.
| Point | Détails |
|---|---|
| Liste limitative des charges | Seules les charges expressément listées par le décret 87-713 sont récupérables auprès du locataire. |
| TEOM et non taxe foncière | Seule la taxe d’enlèvement des ordures ménagères est refacturable ; la taxe foncière reste à la charge du propriétaire. |
| Régularisation annuelle obligatoire | Le bailleur doit envoyer un relevé détaillé un mois avant la régularisation et laisser 6 mois pour consulter les justificatifs. |
| Prescription de 3 ans | Les deux parties disposent de 3 ans pour réclamer un solde ou contester des charges. |
| Forfait réservé aux meublés | Le forfait charges est autorisé pour les baux meublés et supprime toute régularisation ultérieure. |
La plupart des litiges entre propriétaires et locataires ne portent pas sur des montants astronomiques. Ils portent sur des erreurs de principe : un propriétaire qui refacture sa taxe foncière en entier, un autre qui ne fournit jamais les justificatifs, un troisième qui fixe un forfait trop bas en meublé et se retrouve à absorber des charges en hausse pendant trois ans.
Ce que j’ai observé, c’est que la transparence n’est pas seulement une obligation légale. C’est une protection pour le propriétaire. Un locataire qui comprend d’où viennent les charges et qui reçoit ses justificatifs dans les délais ne conteste presque jamais. Le litige naît du flou, pas du montant.
L’autre piège sous-estimé concerne la distinction entre entretien courant et remplacement d’équipement. Beaucoup de propriétaires pensent de bonne foi pouvoir refacturer le remplacement d’un chauffe-eau ou d’une pompe de relevage. C’est faux. Ces dépenses sont des investissements, pas de l’entretien. Les risques légaux liés à la transparence des charges sont réels et peuvent coûter bien plus cher que la dépense initiale si le locataire saisit une commission de conciliation.
Mon conseil pratique : traitez la gestion des charges comme une comptabilité à part entière. Chaque dépense doit être catégorisée au moment où elle est engagée, pas six mois plus tard au moment de la régularisation. Les propriétaires qui adoptent cette discipline passent moins de temps à justifier leurs comptes et plus de temps à gérer leur patrimoine.
— Aimen
Suivre les provisions, préparer la régularisation annuelle et archiver les justificatifs prend du temps quand tout est géré manuellement. Tomappart centralise l’ensemble de ces tâches dans un tableau de bord unique, accessible à tout moment.

La plateforme permet de suivre les loyers et les charges par bien, de catégoriser automatiquement les transactions bancaires grâce à l’intelligence artificielle, et de conserver les documents justificatifs directement dans le dossier de chaque locataire. Les propriétaires en statut LMNP ou SCI disposent en plus d’une comptabilité automatisée conforme à leurs obligations fiscales. La gestion locative Tomappart couvre l’ensemble du cycle : provisions, régularisations, quittances et suivi des locataires, sans jongler entre plusieurs outils.
Les frais annexes au loyer sont les charges récupérables que le propriétaire peut refacturer au locataire en plus du loyer principal. Ils couvrent l’entretien courant, certains services collectifs et la TEOM, selon la liste fixée par le décret n° 87-713.
Non. Seule la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM), qui figure sur l’avis de taxe foncière, est récupérable. La taxe foncière elle-même reste à la charge exclusive du propriétaire.
La régularisation intervient une fois par an. Le bailleur envoie un relevé détaillé un mois avant la date prévue et laisse au locataire 6 mois pour consulter les justificatifs.
Non. Le forfait charges n’est pas autorisé pour les baux nus soumis à la loi de 1989. La régularisation annuelle sur la base des charges réelles est obligatoire.
Le délai de prescription est de 3 ans. Le locataire peut contester des charges sur cette période, tout comme le propriétaire peut réclamer un solde impayé dans le même délai.