Publié le 12 September 2026

Envoyez d’abord une relance écrite courte dès les premiers jours de retard. Si le locataire ne régularise pas dans les 8 à 15 jours, adressez une mise en demeure en lettre recommandée avec accusé de réception, avec un décompte précis mois par mois. Ce courrier formalise votre demande et prépare, si besoin, un commandement de payer délivré par un commissaire de justice. Documentez chaque étape : ces preuves seront décisives si le dossier finit devant le juge.
En bref:
- La mise en demeure doit contenir un décompte détaillé des impayés, la référence au bail, l’identité complète des parties, et un délai de 8 à 15 jours pour être valable.
- Envoyez la mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception ou, à défaut, par lettre recommandée électronique qualifiée pour assurer la preuve juridique.
- Aucun seuil de montant d’impayé n’est requis, un commandement de payer peut être lancé dès le premier mois d’impayé.
- En cas d’absence de réponse, il faut réaliser un commandement de payer, puis éventuellement engager une procédure de résiliation et expulsion.
- L’utilisation d’outils automatisés facilite la gestion et l’archivage des relances, renforçant la solidité du dossier en cas de contentieux.
Le choix du courrier dépend du stade où vous en êtes avec votre locataire. On ne s’adresse pas de la même façon à quelqu’un qui a simplement oublié un virement et à quelqu’un qui ignore vos appels depuis deux mois. Voici quatre modèles, du plus souple au plus formel, que vous pouvez adapter en quelques minutes.
Modèle 1 : la relance amiable courte, à envoyer par e-mail ou courrier simple dès 3 à 5 jours de retard.
Madame, Monsieur, Je constate que le loyer du mois de [mois] d’un montant de [montant] € n’a pas été réglé à ce jour. Il s’agit peut être d’un oubli. Merci de procéder au virement dans les meilleurs délais et de me confirmer la date de paiement. Cordialement, [nom]
Modèle 2 : la relance formelle, si le premier message reste sans réponse après 5 à 7 jours. Elle insiste sur le délai et peut proposer un échéancier.
Je vous ai contacté le [date] au sujet du loyer de [mois], resté impayé. Sans retour de votre part, je vous demande de régulariser cette somme de [montant] € avant le [date]. Si vous rencontrez une difficulté passagère, contactez-moi rapidement pour convenir d’un échéancier.
Modèle 3 : la relance après promesse non tenue. Elle rappelle l’engagement pris et le fait qu’il n’a pas été respecté, ce qui compte comme preuve en cas de procédure.
Lors de notre échange du [date], vous vous étiez engagé à régler la somme de [montant] € avant le [date]. Ce paiement n’a pas été effectué. Je vous demande de vous acquitter de cette dette sans délai supplémentaire.
Modèle 4 : la mise en demeure formelle, envoyée en recommandé quand les relances précédentes n’ont rien donné.
Objet : Mise en demeure de payer les loyers et charges impayés Je vous mets en demeure de régler la somme de [montant total] €, correspondant aux loyers et charges des mois de [liste], dans un délai raisonnable généralement compris entre 8 et 15 jours à compter de la réception de ce courrier. À défaut, je me réserve le droit d’engager toute action légale, incluant un commandement de payer.
Pour chacun, personnalisez systématiquement les dates d’échéance, le montant exact dû, vos coordonnées bancaires si vous proposez un règlement direct, et joignez les pièces utiles (copie du bail, décompte détaillé, copies des relances précédentes). Un modèle générique mal rempli perd toute sa force : mieux vaut un courrier court et précis qu’une lettre type recopiée sans vérification.
Une mise en demeure de payer les loyers et charges impayés n’a de valeur que si elle contient certaines informations. Un courrier flou, sans montant précis ni référence au bail, affaiblit votre position en cas de contentieux ultérieur.
Voici les éléments à vérifier avant l’envoi :
| Élément | Pourquoi c’est indispensable |
|---|---|
| Décompte mois par mois | Sert de preuve chiffrée devant un juge |
| Référence au bail | Rattache la dette au contrat signé |
| Délai clair (8 à 15 jours) | Fixe le point de départ des suites possibles |
| Pièces jointes (bail, relances) | Démontre l’antériorité de la démarche |
L’article 1344 du code civil encadre la notion de mise en demeure : elle constitue le point de départ officiel qui permet, plus tard, d’engager des intérêts ou des poursuites. Joignez toujours une copie du bail et le récapitulatif de vos relances précédentes, cela évite au locataire de contester la date à laquelle le problème a commencé.
La chronologie pratique suit généralement trois étapes : un contact informel (appel ou message), puis une relance écrite, puis la mise en demeure si rien ne bouge. Le mode d’envoi de cette dernière compte autant que son contenu.

La lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) reste la référence classique : elle prouve la date d’envoi et celle de réception. La lettre recommandée électronique qualifiée (LRE) offre une valeur juridique équivalente tout en produisant un archivage horodaté immédiat, ce qui simplifie le suivi quand on gère plusieurs biens. Le choix entre les deux dépend surtout de vos habitudes : la LRE convient bien à un bailleur qui centralise déjà sa gestion en ligne.
Conservez systématiquement l’avis de réception, une capture de l’e-mail d’envoi et les relevés bancaires montrant l’absence de paiement. Si votre locataire perçoit des aides au logement, signalez l’impayé à la CAF ou à la MSA : ces organismes peuvent suspendre le versement de l’aide directement au locataire tant que la situation n’est pas régularisée.
Conseil de pro : gardez une copie numérique de chaque courrier envoyé, classée par date. En cas de commandement de payer, le commissaire de justice vous demandera de reconstituer l’historique complet des relances.
Un locataire qui ignore une mise en demeure vous laisse plusieurs options, toutes encadrées par des délais précis. Voici l’ordre logique des démarches :
Aucun seuil minimal de dette n’est exigé : un bailleur peut engager la procédure de commandement de payer dès le premier mois d’impayé. Attention, une simple mise en demeure par LRAR ne suffit jamais à activer la clause résolutoire : seul un commandement signifié par commissaire de justice crée le délai légal qui y conduit.
En parallèle, préparez votre dossier (bail, décomptes, preuves d’envoi), notifiez la préfecture si une procédure d’expulsion s’engage, et pensez aux recours annexes :
Un dossier de recouvrement bien classé fait souvent la différence quand il faut agir vite. Conservez pour chaque locataire : la copie du bail, chaque courrier envoyé avec sa preuve d’envoi, les relevés bancaires, et un décompte à jour. Les professionnels recommandent une séquence documentaire méthodique appuyée sur des outils numériques pour automatiser le suivi et l’archivage. Le suivi des loyers, la génération automatique de décomptes et le prélèvement SEPA réduisent le risque d’oubli et gardent une trace horodatée de chaque relance.
Conseil de pro : nommez vos fichiers par date et par bien (ex. “2026_03_Dupont_relance1”) : un commissaire de justice appréciera un dossier lisible en un coup d’œil.

Un locataire ponctuel jusque là, qui propose un échéancier crédible et répond à vos messages, mérite qu’on lui laisse une chance amiable. En revanche, un silence répété, une promesse non tenue une deuxième fois ou une dette qui grimpe mois après mois sont des signaux qui justifient d’accélérer vers la mise en demeure puis le commandement de payer. Dans tous les cas, documentez chaque contact : c’est ce qui protège vos intérêts si l’affaire finit devant le juge.
— Aimen
Rédiger un décompte à jour, retrouver la date d’une relance envoyée il y a trois mois, réunir les pièces avant de contacter un commissaire de justice : c’est là que la gestion manuelle craque, surtout quand vous gérez plusieurs biens. Tomappart centralise le suivi des locataires, génère les décomptes automatiquement et archive chaque échange, ce qui vous évite de reconstituer un historique à la main le jour où vous en avez besoin.

La plateforme s’avère utile dès que vous possédez plus d’un bien ou que vous voulez réduire le temps passé sur l’administratif : les prélèvements SEPA limitent les oublis de paiement à la source, et la comptabilité automatisée garde une trace fiscale prête à l’emploi. Pour aller plus loin sur les modèles de relance amiable avant d’en arriver à la mise en demeure, consultez notre guide pratique sur la relance amiable. Testez la plateforme dès aujourd’hui sur Tomappart pour voir comment elle s’intègre à votre gestion actuelle.
Pour le cadre légal complet, consultez Service-public.fr ainsi que notre guide complet sur la relance des loyers impayés. Pour préparer votre dossier locatif en amont, les conseils de Square Diagnostic sont également utiles.
Cet article constitue une information générale et ne remplace pas l’avis d’un avocat qualifié. Consultez un professionnel du droit qualifié à propos de votre cas personnel avant d’agir sur la base de ce contenu.
En pratique, la mise en demeure s’envoie après une première relance restée sans effet, généralement autour de 20 à 25 jours après l’échéance, avec un délai de régularisation de 8 à 15 jours.
Oui, la lettre recommandée électronique qualifiée a la même valeur juridique que la LRAR et offre en plus un archivage horodaté immédiat.
Non, aucun seuil de dette n’est exigé : le bailleur peut engager un commandement de payer dès le premier mois de loyer impayé.
Le délai est de 6 semaines pour les baux conclus, reconduits ou renouvelés depuis le 29 juillet 2023, et de 2 mois pour les baux antérieurs.
Non, elle ne suffit pas : seul un commandement de payer signifié par un commissaire de justice déclenche le délai légal menant à la résiliation via la clause résolutoire.
Un outil spécialisé centralise le suivi des loyers, génère les décomptes et archive automatiquement les relances, ce qui facilite la constitution d’un dossier en cas de contentieux.