Publié le 20 July 2026

En bref:
- La taxe d’habitation sur résidence secondaire reste due en 2026 avec une majoration pouvant atteindre 60 % dans les zones tendues. Les propriétaires doivent également payer la taxe foncière, l’IFI sans abattement et la taxe sur la plus-value lors de la revente, tout en respectant des obligations déclaratives strictes. Les stratégies telles que la location en LMNP ou le démembrement peuvent juridiquement réduire la charge fiscale, mais nécessitent une gestion rigoureuse.
La taxe d’habitation sur résidence secondaire (THRS) reste due en 2026 pour tous les propriétaires de résidences secondaires en France, contrairement à la résidence principale qui en est exonérée depuis 2023. Cette résidence secondaire taxe représente souvent une charge sous-estimée : elle peut être majorée jusqu’à 60 % dans les communes en zone tendue, et s’accompagne d’autres impôts comme la taxe foncière, l’IFI et la taxation des plus-values à la revente. Comprendre l’ensemble de ces obligations fiscales est la première étape pour gérer son patrimoine sans mauvaise surprise.

La THRS repose sur la valeur locative cadastrale du bien, revalorisée chaque année par un coefficient national fixé par la loi de finances. Cette valeur représente un loyer théorique annuel estimé par l’administration fiscale. Elle sert de base de calcul, à laquelle s’appliquent les taux votés par la commune, l’intercommunalité et, le cas échéant, des taxes additionnelles.
Le taux communal varie fortement d’une ville à l’autre. Une commune touristique peut voter un taux élevé, tandis qu’une commune rurale applique un taux plus modéré. Le propriétaire n’a aucun levier sur ce taux : seul le conseil municipal en décide, avant le 1er octobre de l’année précédente.
La majoration en zone tendue constitue le point le plus sensible du calcul. Depuis 2023, le décret n°2023-822 encadre cette majoration entre 5 % et 60 % de la part communale, applicable dans plus de 3 697 communes classées en zone tendue. Cela signifie qu’un propriétaire à Paris, Lyon ou Bordeaux peut voir sa THRS augmenter de plus de la moitié par rapport au taux de base.
| Zone | Taux de base (exemple) | Majoration possible | Charge totale estimée |
|---|---|---|---|
| Commune rurale | 10 % | Aucune | 10 % de la valeur locative |
| Commune urbaine hors zone tendue | 15–20 % | Aucune | 15–20 % |
| Zone tendue (grande ville) | 15–20 % | 5 % à 60 % | Jusqu’à 32 % ou plus |
Conseil de pro : Vérifiez chaque année si votre commune a voté une majoration avant le 1er octobre. La décision est publiée au bulletin officiel des finances publiques et peut changer d’une année à l’autre.

La THRS n’est pas le seul impôt lié à une résidence secondaire. La fiscalité globale du propriétaire comprend plusieurs prélèvements distincts, dont certains sont souvent oubliés lors de l’achat.
La taxe foncière s’applique à toutes les propriétés bâties sans exception. Elle est calculée sur 50 % de la valeur locative cadastrale, à laquelle s’ajoutent les taux communaux et départementaux. Aucune exonération spécifique n’existe pour les résidences secondaires : le propriétaire la paie intégralement, quelle que soit l’utilisation du bien.
L’impôt sur la fortune immobilière (IFI) concerne les patrimoines immobiliers nets supérieurs à 1,3 M €. La résidence secondaire entre dans l’assiette de l’IFI sans abattement de 30 %, contrairement à la résidence principale. Ce point est fréquemment ignoré lors de l’acquisition d’un bien de villégiature, et peut faire basculer un foyer dans l’IFI à lui seul.
La taxation de la plus-value immobilière s’applique à la revente. Les principaux éléments à retenir sont les suivants :
| Impôt | Base de calcul | Particularité résidence secondaire |
|---|---|---|
| THRS | Valeur locative cadastrale | Majoration jusqu’à 60 % en zone tendue |
| Taxe foncière | 50 % de la valeur locative | Aucune exonération spécifique |
| IFI | Patrimoine immobilier net | Pas d’abattement de 30 % |
| Plus-value | Prix de cession moins prix d’acquisition | Taux global de 36,2 %, surtaxe au-delà de 50 000 € |
La déclaration annuelle d’occupation sur impots.gouv.fr est obligatoire avant le 1er juillet de chaque année. Elle doit préciser le statut d’occupation du bien au 1er janvier : résidence secondaire occupée par le propriétaire, mise en location, ou logement vacant. L’oubli de cette formalité expose à une amende forfaitaire de 150 € par bien non déclaré.
Les risques en cas d’erreur vont au-delà de l’amende. Oublier de déclarer ou mal déclarer un bien déclenche un redressement automatique par l’administration fiscale, avec application de la majoration maximale possible. Le fisc dispose de trois ans pour rectifier une déclaration erronée.
Les étapes à suivre pour une déclaration correcte sont les suivantes :
Conseil de pro : Un bien meublé, même inoccupé la majeure partie de l’année, reste imposable à la THRS et non à la taxe sur les logements vacants. La distinction meublé/vacant est déterminante : ne déclarez jamais un bien meublé comme vacant pour tenter d’échapper à la THRS, sous peine de redressement.
Aucune exonération générale liée à l’âge ou aux revenus ne s’applique à la THRS, contrairement à ce qui existait pour la taxe d’habitation sur résidence principale. Les trois cas reconnus par la loi sont stricts et nécessitent des justificatifs précis.
Les situations ouvrant droit à un dégrèvement ou une exonération partielle sont :
Pour formuler une demande, le propriétaire doit adresser un courrier motivé avec pièces justificatives au service des impôts des particuliers dont dépend le bien. La demande doit être déposée avant le 31 décembre de l’année d’imposition. L’administration dispose d’un délai de six mois pour répondre.
L’absence d’exonération générale rend d’autant plus utile une réflexion sur l’optimisation fiscale globale du bien.
Plusieurs stratégies permettent de diminuer la pression fiscale liée à une résidence secondaire, à condition de respecter les règles en vigueur.
La location meublée non professionnelle (LMNP) est le levier le plus accessible. En louant le bien en meublé, le propriétaire génère des revenus locatifs imposés dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), avec la possibilité d’amortir le bien et de déduire les charges réelles. Le calcul de l’impôt en LMNP diffère sensiblement de celui des revenus fonciers classiques. Attention : la mise en location saisonnière n’exonère pas automatiquement de la THRS. Seul un statut fiscal spécifique ou une location à titre de résidence principale du locataire permet cette exonération.
Le démembrement de propriété consiste à séparer l’usufruit de la nue-propriété. Le nu-propriétaire ne paie pas la THRS ni la taxe foncière, qui incombent à l’usufruitier. Cette technique est souvent utilisée dans un cadre familial pour préparer la transmission du patrimoine tout en réduisant la charge fiscale immédiate.
La SCI familiale offre des avantages en matière de transmission et de gestion collective. Elle permet de répartir les parts entre membres de la famille, de faciliter la succession et, dans certains cas, de réduire les droits de succession sur la résidence secondaire. Les inconvénients du statut LMNP s’appliquent également dans ce cadre, notamment les obligations comptables.
Voici les autres pistes à évaluer selon la situation :
Conseil de pro : Avant toute restructuration patrimoniale, consultez un notaire ou un conseiller en gestion de patrimoine. Une optimisation mal exécutée peut entraîner une requalification fiscale et des pénalités supérieures aux économies réalisées.
La fiscalité d’une résidence secondaire en France repose sur au moins quatre prélèvements distincts, dont la THRS reste le plus visible mais pas nécessairement le plus lourd.
| Point | Détails |
|---|---|
| THRS maintenue en 2026 | La taxe d’habitation sur résidence secondaire s’applique toujours, avec majoration jusqu’à 60 % en zone tendue. |
| Déclaration obligatoire avant le 1er juillet | Toute omission sur impots.gouv.fr expose à une amende de 150 € et à un redressement automatique. |
| IFI sans abattement | La résidence secondaire entre dans l’IFI sans abattement de 30 %, contrairement à la résidence principale. |
| Plus-value taxée à 36,2 % | La revente est soumise à un taux global de 36,2 %, avec surtaxe au-delà de 50 000 € de plus-value. |
| LMNP et démembrement comme leviers | Ces deux stratégies réduisent légalement la charge fiscale, sous réserve de respecter les conditions d’éligibilité. |
La plupart des propriétaires que je rencontre sous-estiment systématiquement la charge fiscale totale de leur résidence secondaire. Ils calculent la THRS, parfois la taxe foncière, et s’arrêtent là. L’IFI, la plus-value et les obligations déclaratives arrivent comme des surprises désagréables.
Le piège le plus fréquent reste la déclaration d’occupation bâclée. Certains propriétaires déclarent leur bien comme vacant pour éviter la THRS, en pensant que personne ne vérifiera. Le fisc dispose d’outils de croisement de données très efficaces, et un bien meublé déclaré vacant finit presque toujours par générer un redressement, avec pénalités de retard.
Ce qui me frappe aussi, c’est le manque d’anticipation sur la TVLH. Cette nouvelle taxe, prévue pour 2027, va frapper fort les logements vacants en zone tendue. Les propriétaires qui n’ont pas encore mis leur bien en location ou engagé une réflexion patrimoniale sérieuse vont se retrouver sous pression en peu de temps.
Mon conseil pratique : traitez votre résidence secondaire comme un actif à gérer activement, pas comme un bien dormant. La location saisonnière bien encadrée, le LMNP, ou même le démembrement familial sont des outils accessibles. Ils demandent un peu de rigueur administrative, mais ils protègent votre patrimoine sur le long terme. Et si vous hésitez entre usage personnel et rentabilité, posez-vous la question honnêtement : un bien qui coûte plus qu’il ne rapporte mérite une stratégie claire.
— Aimen
Mettre sa résidence secondaire en location meublée ou saisonnière est une décision fiscalement pertinente. Encore faut-il gérer les loyers, les locataires, les quittances et la comptabilité sans y passer ses week-ends.

Tomappart centralise l’ensemble de ces tâches sur une seule plateforme. Le tableau de bord suit les encaissements en temps réel, la comptabilité se génère automatiquement, et les prélèvements SEPA évitent les relances manuelles. Pour les propriétaires en statut LMNP ou SCI, la plateforme produit les rapports fiscaux nécessaires à la déclaration. La gestion locative complète de Tomappart est conçue pour les propriétaires qui veulent louer leur bien sans multiplier les outils ni les intermédiaires.
La taxe d’habitation sur résidence secondaire (THRS) est un impôt local dû par tout propriétaire ou occupant d’un logement meublé non utilisé comme résidence principale. Elle est calculée sur la valeur locative cadastrale du bien, à laquelle s’appliquent les taux communaux et une éventuelle majoration en zone tendue.
Non. La suppression de la taxe d’habitation ne concerne que les résidences principales depuis 2023. Les résidences secondaires restent pleinement imposables à la THRS en 2026, avec des majorations possibles de 5 % à 60 % dans les communes en zone tendue.
L’amende forfaitaire est de 150 € par bien non déclaré sur impots.gouv.fr avant le 1er juillet. En cas d’erreur ou d’omission, l’administration peut également procéder à un redressement fiscal avec application de la majoration maximale.
Oui. La résidence secondaire est intégrée dans l’assiette de l’IFI sans abattement de 30 %, contrairement à la résidence principale. Le seuil de déclenchement de l’IFI est fixé à 1,3 M € de patrimoine immobilier net.
Le LMNP, le démembrement usufruit/nue-propriété et la SCI familiale sont les trois stratégies les plus utilisées. La mise en location meublée permet notamment de déduire les charges et d’amortir le bien, réduisant ainsi la base imposable sur les revenus générés.