Publié le 13 August 2026

Oui, un bien immobilier ancien loué meublé peut être amorti au régime réel. Le terrain, lui, ne l’est jamais. Voici les durées usuelles à retenir pour ventiler votre acquisition par composants :
| Composant | Part indicative de la valeur bâtie | Durée usuelle | Taux annuel approximatif |
|---|---|---|---|
| Gros œuvre / structure | 20 à 40 % | 30 à 50 ans (résiduel 30 à 50 ans en ancien) | 1,25 % |
| Toiture | 10–15 % | 25 ans | 3,33 % |
| Installations techniques (plomberie, électricité) | 10–15 % | 15 ans | 6,67 % |
| Agencements / second œuvre | 10–15 % | 10–15 ans | 6,67 % |
| Mobilier | 5–10 % de la valeur totale | 5–7 ans | 20 % |
Alerte légale 2025. Depuis le 15 février 2025, la loi de finances pour 2025 réintègre les amortissements immobiliers déduits dans la base de calcul de la plus-value lors de la revente. Le mobilier et les frais d’acquisition restent exclus de cette réintégration. Toute simulation d’acquisition doit désormais intégrer cet effet à la sortie.
L’amortissement LMNP ancien au régime réel reste un levier fiscal puissant, à condition de maîtriser la ventilation par composants et d’intégrer l’impact de la loi de finances 2025 dès l’acquisition.
| Point | Détails |
|---|---|
| Amortissement au régime réel uniquement | Le micro-BIC ne permet aucun amortissement ; l’option pour le réel est la condition préalable. |
| Terrain toujours exclu | La valeur du terrain doit être isolée et justifiée avant tout calcul ; l’amortir est une erreur grave. |
| Durées résiduelles en ancien | Gros œuvre 30 à 50 ans, toiture 10–20 ans, installations 8–15 ans, agencements 5–10 ans, mobilier 5–7 ans. |
| Réforme LF 2025 à intégrer | Depuis le 15/02/2025, les amortissements immobiliers sont réintégrés dans la base de la plus-value à la revente. |
| Tomappart pour le suivi | Tomappart automatise les tableaux d’amortissement par composant, le suivi des ARD et la génération des annexes 2033-C. |
L’amortissement comptable consiste à répartir le coût d’un actif sur sa durée d’utilisation prévisible. En LMNP au régime réel, cette règle s’applique à l’immeuble, à ses composants et au mobilier, conformément à l’article 322-1 du Plan comptable général (PCG). Concrètement, chaque année, une fraction du prix d’acquisition vient réduire le résultat fiscal imposable, sans décaissement supplémentaire.
La distinction entre comptabilité et fiscalité est centrale. Sur le plan comptable, la décomposition par composants est une obligation issue de l’ANC 2014-03. Sur le plan fiscal, l’article 39 du Code général des impôts (CGI) encadre la déductibilité : seuls les amortissements « pratiqués » et conformes aux usages professionnels sont admis en déduction. Le BOFiP précise que la durée normale d’utilisation sert de référence et que la décomposition par composants s’impose dès lors que les éléments ont des durées d’usage différentes.
Trois textes à connaître absolument :
La Service-public rappelle par ailleurs les conditions d’accès au statut LMNP et les formalités d’inscription, point de départ indispensable avant toute optimisation fiscale.
L’amortissement n’est accessible qu’au régime réel.
Le site des impôts rappelle que l’option pour le régime réel implique la tenue d’une comptabilité BIC complète et la production d’une liasse fiscale (formulaires 2031 et annexes 2033). C’est la condition sine qua non pour pratiquer l’amortissement.
Quand le réel devient-il plus avantageux ? La règle pratique : dès que vos charges réelles (intérêts d’emprunt, travaux, charges de copropriété, assurances, frais de gestion) dépassent l’abattement forfaitaire du micro-BIC, le régime réel est généralement plus favorable. Pour un investisseur emprunteur avec un bien ancien nécessitant des travaux, c’est presque systématiquement le cas. L’amortissement est souvent le facteur décisif : il génère une charge comptable sans sortie de trésorerie, ce qui permet de neutraliser fiscalement une grande partie des loyers perçus.
Les conséquences administratives du passage au réel sont réelles mais gérables :
La ventilation par composants est au cœur du calcul d’amortissement LMNP ancien. Pour un bien neuf, les durées théoriques s’appliquent. Pour un bien ancien, la durée résiduelle d’utilisation est la référence : un gros œuvre construit il y a 40 ans n’a pas la même durée de vie restante qu’une structure neuve, et c’est cette durée résiduelle que vous devez justifier.

Le terrain ne figure jamais dans ce tableau : il est non amortissable par nature, quelle que soit sa part dans le prix total. Sa valeur doit être isolée avant tout calcul.
Deux points spécifiques à l’ancien méritent attention. D’abord, les durées résiduelles plus courtes augmentent les annuités initiales, ce qui est fiscalement avantageux mais exige des justificatifs solides. Ensuite, le BOFiP tolère un écart de l’ordre de ±20 % par rapport aux durées usuelles, à condition de pouvoir le justifier par l’état réel du bien.
Conseil de pro : Pour les composants à durée résiduelle courte (toiture, installations), une expertise d’un économiste de la construction coûte généralement quelques centaines d’euros et peut justifier des annuités significativement plus élevées sur 5 à 10 ans. Le retour sur investissement est souvent rapide.
La ventilation n’est pas un exercice théorique : c’est un document comptable qui doit tenir en cas de contrôle fiscal. Voici la procédure à suivre.
Isoler la valeur du terrain. Consultez l’acte notarié (certains mentionnent une valeur distincte), les bases de données foncières locales ou demandez une estimation à un notaire ou expert immobilier. En zone urbaine dense, la part terrain peut représenter 20 à 40 % du prix total. Ne pas l’isoler revient à amortir une valeur non amortissable, ce qui constitue une erreur grave en cas de contrôle.
Répartir la valeur bâtie par composants. Appliquez les pourcentages du tableau ci-dessus à la valeur bâtie (prix total moins terrain). Pour un bien ancien, ajustez les durées résiduelles en fonction de l’état réel de chaque composant.
Valoriser le mobilier séparément. Le mobilier s’amortit sur 5 à 7 ans selon les guides pratiques spécialisés. Conservez les factures d’achat ou, pour un bien acquis meublé, une liste détaillée avec valeur estimée par article.
Constituer le dossier justificatif. Rassemblez : acte notarié, diagnostics techniques (DPE, diagnostic électricité, plomberie), devis ou factures de travaux récents, photos datées de l’état du bien, et si nécessaire un rapport d’expertise d’un économiste de la construction.
Formaliser le plan d’amortissement. Établissez un tableau par composant avec : valeur d’origine, durée retenue, taux annuel, dotation annuelle, cumul des amortissements et valeur nette comptable (VNC).
Les justificatifs à conserver :
Conseil de pro : Plus la durée résiduelle retenue s’éloigne des fourchettes usuelles, plus le niveau de preuve exigé est élevé. Pour une toiture retenue à 8 ans au lieu de 20, un simple devis ne suffit pas : un rapport d’expert mentionnant l’état dégradé et la durée de vie estimée est indispensable.
La formule de base est simple : annuité = base amortissable ÷ durée.
Prenons un exemple concret : acquisition d’un T2 ancien à 200 000 €, mis en location le 1er avril.
Étape 1 : isoler le terrain
Valeur bâtie amortissable : 170 000 €.
Étape 2 : ventiler la valeur bâtie
Étape 3 : appliquer le prorata temporis la première année Mise en location le 1er avril : 9 mois d’utilisation sur 12. Dotation année 1 = 9 422,50 € × 9/12 = 7 066,88 €.
Étape 4 : vérifier le plafond article 39 C L’amortissement ne peut pas créer de déficit fiscal. Si vos loyers annuels sont de 9 600 € et vos autres charges de 3 000 €, votre résultat avant amortissement est de 6 600 €. Vous ne pouvez déduire que 6 600 € d’amortissement cette année. Les 466,88 € restants deviennent des ARD (amortissements réputés différés), reportables sans limite de durée sur les exercices futurs bénéficiaires.
Le tableau de suivi minimal à tenir chaque année :
Ce tableau d’amortissement doit figurer en annexe 2033-C de votre liasse fiscale.
La distinction entre travaux immobilisables et charges déductibles immédiates est l’une des décisions les plus structurantes de votre comptabilité LMNP.
Travaux immobilisables vs charges immédiates :
Durées usuelles pour les travaux immobilisés et le mobilier :
| Nature | Durée usuelle | Taux annuel |
|---|---|---|
| Cuisine équipée | 10 ans | 10 % |
| Salle de bain rénovée | 10–15 ans | 6,67 % |
| Remplacement toiture | 20–25 ans | 4–5 % |
| Mise aux normes électriques | 15–20 ans | 5–6,7 % |
| Mobilier (lit, canapé, table) | 5–7 ans | 20 % |
| Électroménager | 5 ans | 20 % |
L’impact sur le plafond article 39 C est direct : chaque nouvelle immobilisation augmente la dotation annuelle potentielle. Si vos loyers sont modestes, vous risquez d’accumuler des ARD rapidement. C’est une bonne chose à long terme (les ARD sont reportables indéfiniment), mais cela demande un suivi rigoureux pour ne pas perdre le fil des montants différés.
C’est le changement le plus significatif pour tout investisseur LMNP depuis des années. Avant la réforme, les amortissements déduits pendant la période de détention ne venaient pas augmenter la plus-value imposable à la revente. Ce n’est plus le cas.
Depuis le 15 février 2025, pour toute cession d’un bien immobilier en LMNP, les amortissements immobiliers pratiqués sont réintégrés dans la base de calcul de la plus-value. Seuls le mobilier et les frais d’acquisition restent exclus de cette réintégration. Concrètement, la plus-value taxable est calculée non plus sur la différence entre prix de vente et prix d’achat, mais sur la différence entre prix de vente et valeur nette comptable (VNC) de la partie immobilière.
Exemple chiffré de l’impact :
Reprenons le T2 acquis 200 000 €, revendu 250 000 € après 10 ans de détention.

| Élément | Avant LF 2025 | Après LF 2025 |
|---|---|---|
| Prix de vente | 250 000 € | 250 000 € |
| Prix d’achat (référence) | 200 000 € | 200 000 € |
| Amortissements immobiliers cumulés (10 ans) | 0 € (non réintégrés) | 80 000 € (réintégrés) |
| Base de la plus-value brute | 50 000 € | 130 000 € |
| Abattements pour durée de détention | Applicables | Applicables |
La plus-value taxable avant abattements passe de 50 000 € à 130 000 €. Les abattements pour durée de détention (exonération totale à 22 ans pour l’IR, 30 ans pour les prélèvements sociaux) restent applicables et peuvent atténuer significativement cet impact pour les détentions longues.
La stratégie d’amortissement reste favorable dans la majorité des cas, notamment pour les investisseurs qui conservent le bien au-delà de 15 ans ou qui se situent dans des tranches d’imposition élevées. Mais la simulation doit désormais intégrer l’effet à la sortie dès l’achat, pas seulement les économies annuelles.
Le régime réel n’est pas une option légère sur le plan administratif. Voici ce que vous devez produire chaque année.
Annexes et documents obligatoires :
Pièces à conserver (durée recommandée : 10 ans minimum) :
Quand consulter un professionnel ? Un expert-comptable est indispensable dès que votre ventilation s’écarte des fourchettes standard, que vous avez réalisé des travaux importants, ou que votre patrimoine LMNP comprend plusieurs biens. Un économiste de la construction est utile pour justifier des durées résiduelles courtes sur des composants spécifiques. Pour les situations simples avec un seul bien et une ventilation standard, un logiciel de comptabilité LMNP peut suffire, à condition de maîtriser les règles de base.
Stratégies d’optimisation défendables :
Erreurs fréquentes et coûteuses :
Conseil de pro : Faites une simulation de sensibilité chaque année : calculez votre plus-value estimée à 5, 10, 15 et 22 ans de détention en intégrant les amortissements cumulés. Cela vous permet d’ajuster votre stratégie (arbitrage revente, transmission, changement de régime) bien avant que la décision ne s’impose.
Pour aller plus loin sur les stratégies d’optimisation fiscale liées à l’immobilier locatif, plusieurs leviers complémentaires à l’amortissement méritent d’être explorés.
Vérifier la valeur du terrain (0–4 semaines). Consultez l’acte notarié, les bases foncières ou demandez une estimation. Documentez la méthode retenue.
Rassembler les justificatifs techniques (0–4 semaines). DPE, diagnostics électricité et plomberie, photos datées, devis ou factures de travaux. Si des composants sont en mauvais état, envisagez une expertise.
Opter pour le régime réel si ce n’est pas encore fait (avant la date limite de dépôt de la déclaration). L’option s’effectue lors du dépôt de la liasse 2031. Consultez les formalités officielles pour les délais applicables à votre situation.
Établir la ventilation initiale par composants (1–2 mois). Appliquez les fourchettes du tableau de cet article, ajustées à l’état réel du bien. Formalisez le plan d’amortissement par composant avec durées, taux et bases.
Paramétrer le suivi des amortissements (1–2 mois). Créez ou importez votre tableau de suivi (valeur d’origine, taux, dotation annuelle, cumul, VNC, ARD). Ce tableau alimentera votre annexe 2033-C.
Simuler l’impact à la revente à différents horizons (3–6 mois). Calculez la plus-value estimée à 5, 10, 15 et 22 ans en intégrant les amortissements cumulés et les abattements pour durée de détention. Ajustez votre stratégie en conséquence.
Consulter un expert-comptable pour validation (3–6 mois). Faites valider votre ventilation et votre plan d’amortissement par un professionnel, surtout si vous avez retenu des durées résiduelles courtes ou si votre patrimoine comprend plusieurs biens.
Contrôle annuel (chaque exercice). Mettez à jour le tableau d’amortissement, vérifiez le plafond article 39 C, actualisez le suivi des ARD et relancez la simulation revente.
La plupart des articles sur l’amortissement LMNP ancien s’arrêtent à la mécanique : durées, formules, tableau. C’est nécessaire, mais insuffisant.
Ce qui est sous-estimé, c’est la tension entre optimisation à court terme et impact à la revente. Avant la loi de finances 2025, amortir agressivement était presque sans risque fiscal à la sortie pour un particulier. Ce n’est plus le cas. Un investisseur qui retient des durées résiduelles courtes sur tous ses composants va générer des annuités élevées, réduire son imposition annuelle, puis découvrir à la revente que sa plus-value taxable a explosé. Pour une détention courte (moins de 10 ans), l’arbitrage peut se retourner.
L’autre point que les guides évitent : la ventilation par composants est autant un exercice de documentation qu’un exercice de calcul. Une ventilation techniquement correcte mais sans justificatifs solides est fragile. À l’inverse, une ventilation légèrement moins agressive mais parfaitement documentée résiste bien mieux à un contrôle. Le vrai levier d’optimisation, c’est la qualité du dossier, pas uniquement les durées retenues.
Enfin, les ARD sont une ressource sous-utilisée. Beaucoup d’investisseurs les accumulent sans les suivre, puis les perdent de vue lors d’une cession ou d’un changement de régime. Un suivi rigoureux des amortissements différés peut représenter plusieurs milliers d’euros d’économies fiscales sur la durée.
Ces informations sont générales et ne remplacent pas un conseil personnalisé. Pour toute décision fiscale significative, consultez un expert-comptable ou un fiscaliste qui connaît votre situation précise.
Tenir un tableau d’amortissement par composants, suivre les ARD, produire l’annexe 2033-C et synchroniser les écritures comptables : c’est précisément ce que la comptabilité automatisée de Tomappart prend en charge pour vous.

Concrètement : vous importez votre plan d’amortissement, paramétrez le prorata temporis de la première année, et Tomappart génère automatiquement les dotations annuelles, met à jour la VNC de chaque composant et exporte les annexes prêtes à transmettre à votre expert-comptable. La synchronisation bancaire par IA catégorise vos transactions en temps réel, ce qui évite les oublis de charges déductibles qui réduisent d’autant l’utilité de l’amortissement.
Pour les investisseurs LMNP ancien qui gèrent plusieurs biens ou qui viennent de passer au régime réel, c’est une façon de sécuriser la comptabilité sans y consacrer des heures chaque trimestre. Testez la plateforme sur Tomappart et voyez si elle correspond à votre situation.
Pour vérifier les règles applicables à votre situation et approfondir les points techniques, voici les sources primaires à consulter en priorité. Un article secondaire, aussi détaillé soit-il, ne remplace pas la lecture des textes officiels pour une décision fiscale engageante.