Publié le 3 September 2026

Le décompte annuel compare les provisions versées par votre locataire aux charges réellement engagées sur le logement. Vous devez lui envoyer ce document au moins un mois avant la régularisation et conserver les justificatifs pendant six mois. Sans ce document, impossible de réclamer un solde ni de prouver votre bonne foi en cas de désaccord.
En bref:
- Le décompte doit ventiler chaque poste par nature, comparer provisions versées et dépenses réelles, et afficher un solde clair pour être opposable en cas de contestation.
- Il est impératif d’envoyer ce document au moins un mois avant la régularisation, avec tous les justificatifs conservés six mois pour prouver votre bonne foi.
- Seules les dépenses figurant sur la liste limitative du décret de 1987 peuvent être refacturées au locataire, notamment en copropriété, en évitant d’appliquer la clé de répartition du syndic à tout poste.
- La régularisation doit utiliser des documents précis (factures, appels de fonds, relevés) et suivre une méthode strictement organisée, surtout pour le chauffage collectif ou si la provision était sous-estimée.
- La gestion automatisée via une plateforme comme Tomappart facilite le traitement, la génération du décompte et l’archivage, réduisant ainsi les risques de litiges et de perte de justificatifs.
Un décompte de charges locatives ne se limite pas à une addition. Il doit ventiler chaque poste par nature, comparer ce que le locataire a versé en provisions à ce que vous avez réellement dépensé, puis afficher un solde clair. C’est cette structure qui rend le document opposable si le locataire conteste un jour.
Voici la trame que reprend n’importe quel modèle sérieux, avec un exemple chiffré pour un appartement en copropriété chauffé collectivement :
Dans cet exemple, le locataire doit un complément de 82 €. Si le calcul avait donné un total de dépenses inférieur aux provisions, vous auriez dû lui rembourser la différence, généralement sur le loyer suivant ou par virement séparé.
Chaque ligne doit correspondre à une dépense figurant sur la liste limitative fixée par le décret n°87‑713 du 26 août 1987. Une dépense de charge récupérable qui n’y figure pas ne peut pas être refacturée au locataire, même si elle apparaît sur un appel de fonds du syndic.
Le tableau que vous transmettez doit préciser :
Conseil de pro : Ne fusionnez jamais deux postes hétérogènes sur une même ligne (par exemple « eau et entretien »). Un locataire qui demande le détail poste par poste est en droit de l’obtenir, et un tableau agrégé complique inutilement votre réponse en cas de contestation.
En copropriété, la clé de répartition mentionnée sur l’appel de fonds du syndic n’est pas automatiquement celle que vous devez appliquer au locataire : seules les charges relevant du décret de 1987 sont récupérables, même si le syndic vous facture d’autres postes (gros travaux, honoraires de gestion) qui restent à votre charge de propriétaire. C’est un point que beaucoup de bailleurs négligent en recopiant tel quel l’appel de fonds dans leur décompte.
Si vous gérez un immeuble entier ou plusieurs lots, un modèle générique de tableau ne suffit souvent pas longtemps : la fréquence des relevés et le nombre de postes récupérables grandissent vite. Un modèle de décompte de charges de copropriété avec checklist plus détaillé peut vous éviter d’oublier une ligne.
Le calcul lui-même est simple une fois les bons documents réunis. Ce qui complique la tâche, c’est de savoir quelles pièces rassembler et dans quel ordre les traiter.
Commencez par réunir trois types de documents avant toute opération de calcul :
Une fois ces pièces réunies, la méthode suit toujours la même logique :
Le cas du chauffage collectif est souvent le plus délicat, parce que la facture annuelle du chauffagiste arrive parfois après la date à laquelle vous voudriez régulariser. Attendez cette facture avant d’envoyer le décompte plutôt que d’estimer le montant : une régularisation basée sur une estimation, si elle s’avère fausse, vous oblige à en refaire une seconde l’année suivante pour corriger l’écart.
Autre situation fréquente : une provision sous-estimée dès la signature du bail. Si vous aviez fixé la provision mensuelle trop bas par rapport aux charges réelles constatées les années précédentes, le solde à réclamer grossit d’année en année. Dans ce cas, la régularisation doit s’accompagner d’un ajustement du montant de la provision pour l’exercice suivant, sans quoi vous répéterez le même écart.
Le cas du bail meublé mérite une mention à part. Si le contrat prévoit un forfait de charges plutôt que des provisions, aucune régularisation n’est possible ensuite, même si vos dépenses réelles dépassent le forfait perçu. Le risque joue dans les deux sens : à défaut de clause forfaitaire explicite dans le bail, le contrat est présumé fonctionner sur provisions, ce qui vous oblige à régulariser chaque année comme n’importe quel bail nu.
Concrètement, un solde de 82 € à réclamer, comme dans l’exemple précédent, s’ajoute rarement en une fois sur le loyer suivant : la plupart des bailleurs l’intègrent en une ligne distincte sur la prochaine quittance, avec mention claire du motif, pour ne pas créer de confusion sur le montant du loyer lui-même.
Un guide pratique pour calculer les charges récupérables détaille des cas supplémentaires si votre situation sort de ces trois scénarios classiques.
La régularisation annuelle des charges locatives n’est pas une option laissée à votre discrétion : c’est une obligation dès que le bail prévoit des provisions. Le calendrier à respecter comporte plusieurs échéances qui, si vous les manquez, jouent contre vous.
Ce délai d’étalement sur douze mois n’est pas une simple option de courtoisie envers le locataire. Selon l’ADIL de Paris, le bailleur qui régularise tardivement doit être en mesure de prouver précisément les sommes dues et la période couverte pour conserver son droit de créance. Autrement dit, un retard ne vous prive pas seulement de confort de paiement, il vous oblige aussi à un travail de reconstitution plus lourd.
Régulariser chaque année, à date fixe, reste la meilleure garantie contre ces complications. Un bailleur qui attend deux ou trois exercices avant de faire ses comptes s’expose à devoir traiter plusieurs années de charges en même temps, avec des factures parfois égarées et un locataire moins coopératif face à un montant cumulé plus élevé.

La loi impose de tenir les justificatifs à disposition du locataire pendant six mois après l’envoi du décompte. Ce délai commence à courir à la date d’envoi, pas à la date de réception ni à la date de paiement du solde.
Les pièces à conserver et pouvoir présenter sur simple demande sont :
Vous n’êtes pas obligé d’envoyer ces documents spontanément avec le décompte. La loi vous impose seulement de les tenir disponibles pour consultation, généralement sur place ou par envoi numérique si le locataire en fait la demande dans le délai de six mois.
Conseil de pro : Numérisez chaque facture dès sa réception plutôt qu’en fin d’année. Classez-les par exercice fiscal et par bien dans des dossiers nommés de façon identique chaque année (par exemple « 2026_Appartement3_Chauffage »). Le jour où un locataire demande le détail d’un poste précis, vous devez pouvoir répondre en quelques minutes, pas en fouillant une boîte à archives.
Cette rigueur documentaire n’est pas qu’une contrainte administrative. Un dossier bien tenu réduit concrètement le risque de désaccord, parce que le locataire perçoit immédiatement que le calcul repose sur des pièces réelles et vérifiables, pas sur une estimation approximative.
Voici la structure que doit suivre votre courrier, à adapter et envoyer par lettre recommandée avec accusé de réception ou par courriel avec preuve de réception :
Madame, Monsieur,
Conformément à l’article 23 de la loi n°89‑462 du 6 juillet 1989, je vous adresse le décompte de régularisation des charges locatives pour la période du [date] au [date], concernant le logement situé [adresse].
Le détail des charges par nature est le suivant : chauffage collectif et eau chaude : [montant] €, entretien des parties communes : [montant] €, taxe d’enlèvement des ordures ménagères : [montant] €. Le total des dépenses réelles s’élève à [montant] €, contre [montant] € de provisions encaissées sur la période.
Le solde de cette régularisation s’établit à [montant] € en votre faveur / à votre charge.
Les justificatifs correspondants (factures, appels de fonds du syndic) sont tenus à votre disposition pour consultation dans un délai de six mois à compter de la présente notification. Vous pouvez me contacter pour organiser cette consultation.
Je vous prie de bien vouloir procéder au règlement du solde dans un délai de [délai raisonnable, souvent un mois] / je procéderai au remboursement correspondant par [mode de paiement].
Cordialement, [Nom, coordonnées]
Quelques points pratiques sur cet envoi :
Une contestation n’a rien d’anormal, surtout si le solde réclamé est élevé ou si le décompte manque de détail. Votre première réponse doit être écrite et poste par poste : reprenez chaque ligne contestée avec la facture ou l’appel de fonds correspondant, plutôt qu’un total global.
Ce dernier point sur le dépôt de garantie mérite votre attention si vous gérez plusieurs locations : un état des lieux de sortie mal anticipé, sans provision retenue, vous oblige ensuite à réclamer un solde à un locataire parti, ce qui complique nettement le recouvrement.
Préparer un décompte de charges locatives à la main, poste par poste, devient vite chronophage dès que vous gérez plusieurs biens ou plusieurs lots en copropriété. Tomappart automatise une bonne partie de ce travail répétitif :
Pour un bailleur en SCI qui gère plusieurs associés, ou un investisseur en LMNP qui doit produire des rapports fiscaux en parallèle du décompte locatif, cette automatisation évite de dupliquer la saisie entre la comptabilité et la gestion locative. C’est le genre de tâche où l’erreur de recopie coûte cher en cas de contestation.
La plupart des litiges de charges ne naissent pas d’une erreur de calcul, mais d’un décompte flou ou d’un justificatif introuvable six mois plus tard. Automatiser la collecte des pièces réduit ce risque bien plus qu’un tableur parfaitement formulé. Gardez toujours l’article 23 et le décret de 1987 à portée de main : ce sont eux qui trancheront en cas de désaccord persistant.
— Aimen
Tomappart est l’alternative au tableur Excel et aux dossiers papier pour régulariser vos charges locatives : la comptabilité se met à jour automatiquement à chaque transaction bancaire, sans ressaisie manuelle poste par poste.

Concrètement, la plateforme centralise vos appels de fonds de syndic, catégorise vos dépenses par nature grâce à l’IA, et génère le tableau de décompte prêt à envoyer, accompagné d’un courrier type reprenant les mentions légales de l’article 23. L’archivage numérique illimité couvre largement le délai de conservation de six mois, et si votre bail prévoit un complément à récupérer, le prélèvement SEPA automatisé évite les relances manuelles auprès du locataire. Que vous gériez un studio en LMNP ou un portefeuille de lots en SCI, la logique reste la même : moins de ressaisie, plus de traçabilité en cas de contrôle ou de contestation.
Pour voir comment la comptabilité automatisée de Tomappart s’applique à votre propre décompte, le plus simple reste de démarrer un essai gratuit et d’importer vos premières factures.

Pour approfondir ou vérifier un point précis avant l’envoi de votre décompte, ces sources officielles restent les références à consulter directement :
En cas de doute persistant sur un point de droit spécifique à votre situation, une ADIL locale ou un avocat spécialisé en droit immobilier reste la ressource la plus fiable, bien mieux qu’un forum en ligne.