Publié le 13 September 2026

Pour qu’un état des lieux soit opposable, il doit comporter la date, l’adresse, les identités des parties, les relevés de compteurs, les clés remises et une description pièce par pièce, signée par chacun. Dès la remise des clés, prenez des photos datées, relevez les compteurs et faites signer le document sur place ; pour plus de conseils, consultez cette ressource sur l’inspection d’entrée et la documentation. Sans cela, la loi présume que le logement était en bon état, ce qui joue contre le locataire en cas de litige.
En bref:
- Un état des lieux doit comporter toutes les mentions obligatoires comme la description pièce par pièce, les relevés de compteurs et les clés, pour être opposable et éviter toute présomption favorable au locataire.
- Une documentation précise avec photos datées, descriptions détaillées et signatures des deux parties garantit la preuve en cas de litige ou de retenue sur le dépôt de garantie.
- La comparaison lors de l’état des lieux de sortie avec celui d’entrée est essentielle pour justifier d’éventuelles dégradations et calculer précisément la restitution ou la retenue.
- En absence d’état des lieux d’entrée, la loi présume que le logement était en bon état, rendant difficile toute contestation contre le propriétaire.
- La gestion numérique sécurise l’archivage et la traçabilité des documents, réduisant les contestations et facilitant la gestion locative.
Un état des lieux n’est pas un simple formulaire à remplir à la va vite entre deux cartons. C’est une pièce juridique, et son contenu obéit à des règles précises depuis le décret n°2016-382 du 30 mars 2016, qui a fixé une liste de mentions minimales applicables à tout état des lieux d’entrée ou de sortie en France.
Ce texte, pris en application de la loi Alur, impose que le document précise :
En pratique, la plupart des litiges au dépôt de garantie viennent d’un état des lieux d’entrée trop vague : « bon état » écrit trois fois sans autre précision ne protège personne, ni le locataire, ni le propriétaire. La loi Alur a d’ailleurs encouragé l’usage systématique de photos datées en annexe, justement pour combler ce vide descriptif.
Ce qui frappe le plus, c’est la sanction en cas d’absence totale de document. L’article 1731 du Code civil pose une présomption simple mais redoutable : sans état des lieux contradictoire établi à l’entrée, le locataire est réputé avoir reçu le logement en bon état de réparations locatives. Concrètement, le propriétaire qui n’a pas fait signer de document à l’entrée aura beaucoup de mal à retenir quoi que ce soit sur le dépôt de garantie à la sortie, même face à des dégradations réelles. À l’inverse, un locataire sans état des lieux d’entrée devra lui aussi prouver, souvent difficilement, que telle fissure ou telle tache existait déjà avant son arrivée.
Ce cadre légal explique pourquoi un modèle d’état des lieux mal conçu, ou rempli à la hâte, expose les deux parties à des contestations qui auraient pu être évitées avec une checklist correctement suivie.
Une checklist efficace suit le trajet naturel qu’on fait en entrant dans un logement, pas un ordre alphabétique ou aléatoire. Voici l’ordre qui fonctionne le mieux en pratique, avec pour chaque zone les points qui font vraiment la différence en cas de désaccord ultérieur.
Pour chaque élément inspecté, notez trois choses : son état visuel, son fonctionnement réel (pas seulement son apparence), et sa référence si elle est disponible (marque du four, modèle de la chaudière). Une plaque de cuisson qui a l’air neuve mais dont un feu ne s’allume pas doit être signalée comme défectueuse, pas comme « en bon état » parce qu’elle brille.
La formulation compte autant que l’observation elle-même. « Sol rayé » ne veut rien dire à un juge ou à une commission de conciliation. « Parquet du séjour : trois rayures profondes de 20 cm environ près de la fenêtre, visibles sur la photo n°4 » a une valeur probante réelle. C’est là que se joue la différence entre usure normale et dégradation : une moquette qui s’aplatit après huit ans d’usage relève de la vétusté, une brûlure de cigarette ne relève jamais de l’usure normale, quelle que soit l’ancienneté du bail.
Conseil de pro : Notez systématiquement la date d’installation ou d’achat des équipements quand elle est connue (chaudière, ballon d’eau chaude, revêtements). Cette information, croisée avec la grille de vétusté, évite bien des discussions stériles au moment de la sortie.
Pour aller plus loin sur les vérifications spécifiques côté bailleur, la checklist propriétaire bailleur détaille les points souvent oubliés lors d’une remise de clés, notamment sur les équipements collectifs et les diagnostics à jour.
L’état des lieux de sortie reprend la même structure que celui d’entrée, colonne par colonne, pièce par pièce, mais il y ajoute une dimension comparative que l’entrée n’a pas : chaque observation doit désormais se lire en miroir de ce qui a été noté au départ.
Concrètement, le document de sortie intègre en plus :
C’est justement cette comparaison qui détermine ce qui sera retenu ou non sur le dépôt de garantie. Le délai de restitution est d’un mois si l’état des lieux de sortie ne présente aucune différence avec celui d’entrée, et grimpe à deux mois dès qu’une retenue est justifiée par des dégradations constatées. Toute somme retenue doit s’appuyer sur des justificatifs concrets : devis, factures, ou à défaut une évaluation cohérente avec le prix du marché, jamais un chiffre sorti au hasard.
La grille de vétusté sert précisément à encadrer ces calculs. Elle attribue une durée de vie théorique à chaque équipement et permet d’appliquer un coefficient de dégressivité : une peinture murale amortie sur sept ans et dégradée en année six ne peut légitimement être refacturée qu’à hauteur d’un septième de sa valeur de remplacement, pas en totalité. Un propriétaire qui exige le remplacement intégral d’une moquette posée il y a dix ans, sans tenir compte de cette usure normale attendue, s’expose à une contestation qui a de fortes chances de lui être défavorable devant une commission de conciliation.


Le scénario est plus fréquent qu’on l’imagine : un locataire qui ne se présente pas au rendez-vous fixé, ou qui refuse purement et simplement de signer un document qu’il juge inexact. Dans les deux cas, la loi prévoit une issue, mais elle a un coût.
Quand une partie est absente ou refuse de coopérer, il devient possible de faire établir l’état des lieux par un commissaire de justice (anciennement huissier), après avoir notifié l’autre partie de la date d’intervention, en général par lettre recommandée avec accusé de réception pour garder une trace formelle de la démarche.
Le coût d’un tel constat se situe généralement entre 250 € et 400 € selon la surface du logement, une fourchette confirmée par Service‑public. Ces frais sont partagés par moitié entre le locataire et le bailleur, sauf disposition contraire prévue dans le bail.
Avant d’en arriver là, mieux vaut souvent explorer la voie amiable, plus rapide et moins coûteuse :
Un dossier bien documenté, avec photos et échanges écrits horodatés, facilite très largement une résolution amiable et renforce fortement la position de celui qui la présente devant une commission ou, en dernier recours, devant un juge.
La checklist elle-même ne vaut que par les preuves qui l’accompagnent. Un texte descriptif, même bien rédigé, reste discutable ; une photo datée, beaucoup moins.
Conseil de pro : Un dossier photo mal classé perd toute sa valeur au moment où vous en avez besoin, souvent un an ou deux plus tard. Classez par bien et par date dès la prise de vue, jamais après coup.
Le guide sur les photos horodatées détaille la méthode complète, compteur par compteur et pièce par pièce.
Tous les modèles disponibles en ligne ne se valent pas. Beaucoup datent d’avant 2016 et n’intègrent pas les mentions imposées par le décret, ce qui les rend juridiquement fragiles sans que l’utilisateur s’en rende compte.
Avant de choisir un modèle, vérifiez qu’il comporte bien toutes les mentions obligatoires listées plus haut, qu’il laisse un espace clair pour associer des photos à chaque pièce, et qu’il prévoit une case dédiée aux relevés de compteurs et au nombre de clés remises.
Une fois le modèle rempli et signé, retenez ce délai clé : le locataire dispose de 10 jours pour demander une modification de l’état des lieux d’entrée, et de 30 jours après le début de la première période de chauffe pour signaler un défaut lié au chauffage constaté hors saison. Passé ce délai, le document devient difficile à contester.
Un état des lieux bien rempli ne sert à rien s’il finit égaré dans un dossier papier trois ans plus tard, au moment précis où un litige survient. C’est là que la gestion numérique change vraiment la donne pour un propriétaire qui gère plusieurs biens.
Ces pratiques simples, souvent négligées, réduisent nettement le nombre de contestations et accélèrent la restitution du dépôt une fois le bail terminé.
L’erreur la plus répandue n’est pas l’oubli d’une mention légale, c’est la vaguesse des descriptions. J’ai vu trop de documents où « murs en bon état » masque en réalité trois trous de cheville jamais rebouchés, simplement parce que personne n’a pris la peine de le noter précisément le jour de la visite. Une checklist détaillée ne protège que si elle est remplie avec la même rigueur qu’un constat d’assurance.
La deuxième erreur, presque aussi fréquente, c’est l’absence de relevé de compteur au moment exact de l’état des lieux. On la reporte « à plus tard », et plus tard, personne ne se souvient du chiffre exact.
Avant toute signature, trois priorités surpassent toutes les autres : documenter chaque pièce avec des photos datées, obtenir la signature des deux parties sur place, et conserver immédiatement une copie, papier et numérique. Le reste, y compris les discussions sur la vétusté, se règle presque toujours plus facilement quand ces trois bases sont posées dès le départ.
— Aimen
Tomappart ne remplit pas votre état des lieux à votre place, la signature contradictoire reste incontournable. En revanche, une fois le document établi, la plateforme vous fait gagner un temps réel sur tout ce qui vient après : classement, retrouvaille des preuves, lien avec votre comptabilité locative.

Concrètement, chaque photo horodatée, chaque relevé de compteur et chaque exemplaire signé peut être archivé directement dans la fiche du bien concerné, sans jongler entre boîtes mail, dossiers photo et classeurs papier. Le jour où un locataire conteste une retenue sur son dépôt de garantie, retrouver la photo exacte associée au bon paragraphe fait toute la différence, surtout si l’état des lieux date de plusieurs années. La page comptabilité automatisée montre comment ces justificatifs s’intègrent directement au suivi financier du bien, devis et factures compris. Pour un aperçu complet du stockage documentaire et des autres outils de suivi, la page fonctionnalités détaille l’ensemble du dispositif. Si vous gérez déjà plusieurs biens, commencez par y importer votre prochain état des lieux dès sa signature.
Avant de signer quoi que ce soit, quelques sources permettent de vérifier la conformité de votre document en quelques minutes.
Cet article constitue une information générale et ne remplace pas l’avis d’un avocat qualifié. Consultez un professionnel du droit qualifié à propos de votre cas personnel avant d’agir sur la base de ce contenu.
Le document doit indiquer le type d’état des lieux, la date, l’adresse, les identités des parties, les relevés de compteurs, les clés remises, une description pièce par pièce et les signatures, conformément au décret du 30 mars 2016.
L’article 1731 du Code civil présume alors que le locataire a reçu le logement en bon état, ce qui rend très difficile toute retenue sur le dépôt de garantie à la sortie.
Vous disposez de 10 jours pour signaler une erreur générale, et de 30 jours après le début de la première période de chauffe pour un défaut lié au chauffage.
Non, la signature contradictoire des deux parties reste indispensable. Tomappart intervient ensuite pour archiver, horodater et relier ces preuves à la gestion comptable du bien.